Lundi 2 février 2026, le député de la circonscription de Sousse, Hamdi Ben Salah, est revenu sur la tentative d’incendie de son véhicule, survenue à l’aube du samedi 31 janvier 2026, lors de son intervention dans l’émission Sbeh El Ward sur Jawhara FM.
Selon ses déclarations, les faits se sont produits vers 5 heures du matin, devant son domicile à Sousse. Alertés par les flammes, des voisins sont parvenus à maîtriser le début d’incendie avant que le feu ne se propage. Les dégâts ont été limités, touchant principalement une roue arrière et le pare-chocs, évitant de peu une situation plus grave, le réservoir de carburant se trouvant à proximité.
La police technique s’est rendue sur place pour effectuer les constatations nécessaires. Des empreintes, des échantillons et des résidus de produit inflammable ont été prélevés afin d’identifier la nature du liquide utilisé et d’établir les circonstances exactes des faits. Hamdi Ben Salah a précisé qu’il ne s’agissait ni d’une tentative de vol ni d’un acte de vandalisme ordinaire, mais bien d’une tentative délibérée d’incendie.
Il a insisté sur le caractère prémédité de l’acte, évoquant l’usage d’un produit inflammable et la disposition volontaire de matériaux destinés à attiser le feu, estimant qu’il s’agissait d’une action organisée visant à l’intimider.
Un ciblage lié à des dossiers sensibles
Interrogé sur les raisons de cet acte, le député a estimé être visé en raison de son parcours professionnel et de ses positions publiques, notamment lorsqu’il exerçait comme journaliste d’investigation. Il a rappelé avoir été le premier journaliste à publier sur plusieurs affaires sensibles, parmi lesquelles le dossier des déchets italiens, d’Instalingo, d’Al Karama Holding ainsi que de la Banque tuniso-libyenne (BTL).
Ces enquêtes, selon lui, lui ont valu 52 convocations par les forces de l’ordre, dans le cadre de procédures judiciaires et d’investigations successives. Il a affirmé avoir été régulièrement auditionné par la police, la Garde nationale et la justice, en lien avec les dossiers qu’il avait révélés.
Hamdi Ben Salah a également affirmé que son ciblage était lié à son travail parlementaire, à ses interventions au sein des commissions et à ses prises de position critiques sur des dossiers qu’il qualifie de sensibles.
Il a estimé que la tentative d’incendie s’inscrivait dans une continuité de pressions et d’actes d’intimidation qu’il dit subir depuis plusieurs mois, en lien à la fois avec ses enquêtes passées et son action actuelle au sein du parlement. Ces pressions ne le concernaient plus uniquement en tant qu’élu, affirmant que les intimidations auraient également touché des membres de sa famille, y compris son père et sa mère. Il a ajouté qu’il craint pour sa sécurité et celle de sa famille face à ces pressions et actes d’intimidation.
Un mois d’incarcération malgré l’immunité parlementaire
Hamdi Ben Salah a rappelé avoir été incarcéré pendant un mois, malgré son immunité parlementaire, précisant qu’il était pourtant la victime et la partie plaignante dans l’affaire concernée.
Il a indiqué avoir fourni des preuves, dont des enregistrements vidéo et un certificat médical, affirmant s’être retrouvé en prison alors même qu’il avait déposé plainte et dénoncé les faits dont il se disait victime. Il a précisé que la procédure judiciaire était toujours en cours.
Des pressions évoquées à travers le cas de son frère jumeau
Le député a notamment évoqué le cas de son frère jumeau, affirmant que ce dernier aurait fait l’objet d’une intervention sécuritaire à son domicile, sans lien, selon lui, avec une procédure judiciaire établie.
Il a expliqué que son frère aurait été interpellé puis relâché sans suites, présentant cet épisode comme une forme de pression indirecte et un message d’intimidation à son encontre.
Dans le même esprit, il a précisé que son père et sa mère avaient également ressenti des pressions ou interventions indirectes, renforçant le sentiment d’intimidation familiale.
Refus d’une protection policière
Malgré la tentative d’incendie et les menaces qu’il estime subir, le député a indiqué avoir refusé toute protection policière.
Il a par ailleurs estimé que le ciblage d’un élu de la nation par une tentative d’incendie constituait un précédent grave, posant la question de la sécurité des représentants du peuple et du climat dans lequel ils exercent leurs fonctions.
Une enquête est en cours afin d’identifier les auteurs de cette tentative d’incendie et d’en déterminer les motivations exactes.
I.N.










