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Enseignement secondaire : la Fédération suspend le boycott des examens et annonce des grèves régionales

Par Nadya Jennene

La Fédération générale de l’enseignement secondaire a décidé de suspendre le boycott des examens tout en maintenant la pression syndicale à travers l’organisation de grèves régionales prévues à partir de la mi-février. Cette décision a été annoncée par son secrétaire général, Mohamed Safi, lors d’une intervention dans la matinale de Jawhara FM, mardi 3 février 2026. 

Réunie tard dans la nuit de dimanche à lundi, l’instance administrative de la Fédération a décidé de geler la décision prise en novembre 2025, qui prévoyait la suspension de toutes les évaluations et épreuves notées. En contrepartie, le syndicat a opté pour une nouvelle forme de mobilisation, à savoir des grèves régionales de trois jours consécutifs, les 16, 17 et 18 février 2026.

Dans le détail, Mohamed Safi a précisé que ces mouvements concerneront une interruption totale des cours dans l’enseignement secondaire : le 16 février dans les régions du Nord, le 17 février dans le Centre et le 18 février dans le Sud du pays. L’instance administrative restera, par ailleurs, en session permanente afin d’évaluer l’évolution de la situation et les suites à donner à ces actions.

Le responsable syndical a justifié ce revirement par la nécessité d’adopter une approche « rationnelle et réaliste », tenant compte des développements syndicaux et de l’intérêt des enseignants comme des élèves. « Aucun mouvement protestataire ne peut réussir à 100% », a-t-il reconnu, soulignant que les décisions syndicales ne sont jamais figées et doivent s’adapter aux circonstances.

Mohamed Safi a tenu à rassurer les familles en confirmant la reprise normale des examens, des corrections et des sessions de rattrapage. Selon lui, la Fédération veille à préserver l’intérêt des élèves, tout en défendant les droits et les revendications légitimes des enseignants.

Sur le fond, le secrétaire général a dénoncé ce qu’il qualifie de « refus persistant » de la part du ministère de l’Éducation de respecter et d’appliquer les accords conclus avec le partenaire social. Il a rappelé que plusieurs ministères étaient signataires de ces engagements, estimant que leur non-application constitue une atteinte grave au dialogue social et au droit syndical.

Mohamed Safi a également alerté sur la dégradation continue de l’école publique, évoquant une « mise en péril de l’institution éducative » et une remise en cause profonde de l’action syndicale. Il a affirmé que la Fédération dispose de la cohésion et de la légitimité nécessaires pour faire face à ce qu’il décrit comme l’entêtement de l’autorité de tutelle.

Dans son intervention, il a également saisi l’occasion pour dénoncer la montée inquiétante de la violence au sein des établissements scolaires. Le responsable syndical a accusé le ministère de minimiser l’ampleur du phénomène et de ne proposer aucune solution efficace, ni à court ni à long terme. Il a plaidé pour une prise en charge collective impliquant l’ensemble des acteurs concernés — familles, administration et autorités — afin de faire face à une situation éducative qu’il juge alarmante.

Tout en maintenant la mobilisation, la Fédération générale de l’enseignement secondaire a réaffirmé son attachement au dialogue, conditionné toutefois par le respect des accords signés et par une volonté réelle de réforme de la part des pouvoirs publics.

Cette séquence s’inscrit dans un climat de tension persistante entre les syndicats de l’éducation et le ministère de tutelle. Le 9 janvier 2026, Hatem Hani, secrétaire général adjoint de la Fédération générale de l’enseignement secondaire, était revenu sur les raisons ayant conduit initialement au choix du boycott des évaluations. Il avait alors présenté cette mesure comme un ultime levier de pression face à ce qu’il qualifie d’inaction prolongée du ministère de l’Éducation.

Selon Hatem Hani, cette décision n’était ni soudaine ni improvisée, mais le fruit d’un long processus de mobilisation marqué par des mouvements régionaux et nationaux, notamment ceux du 26 février 2025, ainsi que par des sit-in organisés le 28 août 2025, en pleine trêve estivale. À chaque étape, a-t-il assuré, les structures syndicales ont respecté les procédures légales, multiplié les correspondances officielles et accordé des délais successifs à l’administration, sans obtenir de réponses concrètes.

Le responsable syndical a également dénoncé une approche qu’il juge répressive de la part du ministère, évoquant des retenues sur salaire à l’encontre des enseignants mobilisés. Il a accusé l’autorité de tutelle de refuser tout dialogue avec les organisations syndicales représentant l’ensemble des composantes du secteur éducatif, de l’enseignement secondaire et de base aux surveillants et cadres administratifs.

N.J

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