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Pourquoi la Bourse bat largement l’épargne (et pourquoi les Tunisiens continuent de se tromper)

Service IA, Business News

Par Maya Bouallégui

Dans une note publiée lundi 2 février 2026, la Bourse des valeurs mobilières de Tunis dresse un bilan détaillé de l’évolution des indices et des revenus des sociétés cotées en 2025. Les chiffres sont sans ambiguïté. Alors que l’épargne bancaire reste plafonnée autour de 6,5 % par an, la Bourse de Tunis a enregistré des performances sans commune mesure, portées par une croissance généralisée des entreprises cotées et une envolée spectaculaire des indices.

Le document publié le lundi 2 février 2026 par la Bourse des valeurs mobilières de Tunis (BVMT) n’est pas une simple note technique destinée aux initiés. Il constitue une photographie fidèle de l’état réel du marché boursier tunisien en 2025, à partir des indicateurs d’activité trimestriels communiqués par les sociétés cotées et des indices sectoriels calculés par la Bourse elle-même. En le lisant attentivement, on comprend rapidement que la perception dominante de la Bourse comme un marché risqué, opaque ou réservé à une minorité avertie ne correspond plus à la réalité des chiffres.

La BVMT y montre une cote globalement en croissance, des revenus en progression dans la majorité des secteurs et une dynamique boursière qui tranche nettement avec la faiblesse persistante des rendements offerts par l’épargne bancaire classique.

Des indices en envolée, sans équivalent dans l’épargne

Le premier enseignement majeur de cette note concerne l’évolution des indices. En 2025, le TUNINDEX a progressé de 35,12 %, tandis que le TUNINDEX20 a enregistré une hausse de 36,30 % sur l’ensemble de l’année. Ces performances sont d’autant plus remarquables qu’elles font suite à une année 2024 déjà positive, mais nettement moins spectaculaire, avec des hausses de 13,75 % et 14,57 % respectivement.

La comparaison avec l’épargne bancaire est inévitable. Dans un contexte où les produits d’épargne offrent des rendements annuels limités à environ 6,5 %, la Bourse de Tunis a, en 2025, multiplié ces performances par cinq ou six. Pour un investisseur, l’écart n’est plus marginal. Il devient un véritable différentiel de création de richesse.

Une croissance réelle, portée par l’activité des entreprises

Contrairement à une idée reçue, cette envolée boursière ne repose pas uniquement sur des anticipations ou sur un effet spéculatif. La note de la BVMT met en évidence une progression tangible de l’activité économique des sociétés cotées. En 2025, le revenu global de la cote a atteint 26,5 milliards de dinars, contre 25,2 milliards de dinars en 2024, soit une croissance de 5,3 %.

Plus significatif encore, 78 % des sociétés ayant publié leurs indicateurs d’activité, soit 56 entreprises sur 72, ont enregistré une amélioration de leurs revenus par rapport à l’année précédente. Cette donnée traduit une dynamique large, qui touche la majorité des secteurs et non quelques valeurs isolées. La Bourse reflète ici une économie d’entreprises qui, malgré un contexte macroéconomique contraint, continue de créer de la valeur.

Le Tunindex20, pilier de la création de valeur

Les grandes capitalisations jouent un rôle central dans cette dynamique. Les vingt sociétés composant le Tunindex20 concentrent près de 60 % du revenu global de la cote, avec un total de 15,8 milliards de dinars en 2025, en hausse de 4,1 % sur un an. Banques, groupes agroalimentaires, industriels et sociétés de services y affichent des revenus solides et relativement stables.

Cette concentration n’est pas nécessairement un facteur de fragilité. Elle traduit au contraire l’existence d’un noyau d’entreprises structurées, capables d’absorber les chocs et de maintenir une trajectoire de croissance, offrant ainsi aux investisseurs une base relativement lisible et diversifiée.

Des secteurs entiers en forte progression

L’analyse sectorielle publiée par la BVMT confirme la robustesse du marché. Le secteur financier, principale capitalisation de la cote, a vu ses revenus progresser de 5,1 % en 2025. Le Produit net bancaire des banques cotées a augmenté de 4,3 %, tandis que les assurances ont enregistré une hausse de 8,4 % des primes émises. Les sociétés de leasing ont également poursuivi leur croissance.

Mais les performances les plus spectaculaires proviennent d’autres segments. Les services aux consommateurs et la distribution ont vu leurs indices sectoriels bondir de plus de 59 % sur l’année. Même des secteurs traditionnellement plus cycliques, comme les biens de consommation ou certaines industries, affichent des progressions de revenus positives.

Des trajectoires individuelles qui parlent aux investisseurs

Au-delà des moyennes sectorielles, la BVMT met en avant des performances individuelles particulièrement parlantes. Certaines sociétés ont enregistré des hausses de revenus à deux chiffres, voire à trois chiffres. Tuninvest Sicar affiche ainsi une progression de 190,1 %, STA de 61,6 %, SITS de 36,5 %, tandis que MPBS ou Ciments de Bizerte dépassent les 25 % et 30 % de croissance.

Ces trajectoires rappellent que la Bourse n’est pas uniquement un placement indiciel. Elle permet aussi d’accompagner des entreprises en croissance, dans des secteurs variés, et de capter directement la valeur créée par leur activité.

L’épargne bancaire, un choix de confort plus que de rendement

Face à ces données, la persistance d’un tropisme quasi exclusif pour l’épargne bancaire interroge. Certes, l’épargne est perçue comme plus sûre, plus simple et plus prévisible par les Tunisiens. Mais à long terme, des rendements limités à 6,5 % peinent à compenser l’inflation et ne permettent pas une réelle valorisation du capital. En clair, quand on compare l’inflation (officiellement à 5%, mais telle que ressentie réellement, bien supérieure) et le rendement de l’épargne, le Tunisien perd la valeur son argent lorsqu’il l’épargne dans la banque.

La note de la BVMT montre qu’en 2025, la Bourse de Tunis a offert des rendements largement supérieurs, tout en reposant sur des fondamentaux économiques réels. Le risque existe, comme dans tout investissement, mais il est désormais mesurable, sectorisé et, dans bien des cas, maîtrisable.

La Bourse comme outil rationnel de création de valeur

La Bourse comme outil rationnel de création de valeur

Investir en Bourse ne signifie pas spéculer à l’aveugle ni courir après des effets de mode. Cela suppose, au contraire, d’analyser des résultats publiés, de comprendre les dynamiques sectorielles et de diversifier ses placements. Les chiffres communiqués par la Bourse des valeurs mobilières de Tunis pour l’année 2025 montrent que la Bourse de Tunis est devenue un outil crédible et structuré de création de valeur, bien éloigné de l’image caricaturale et risquée qui lui est encore parfois associée.

À l’heure où l’épargne classique atteint rapidement ses limites, tant en termes de rendement que de protection contre l’inflation, le message porté par cette note officielle est limpide. La Bourse n’est plus une alternative marginale, réservée à une minorité d’initiés. Elle s’impose comme un choix rationnel pour les épargnants qui souhaitent faire travailler leur argent plutôt que de le voir s’éroder lentement sur des produits faiblement rémunérés.

Encore faut-il investir dans un cadre structuré et accompagné. Pour les particuliers qui souhaitent accéder au marché actions, la démarche passe nécessairement par des intermédiaires boursiers agréés, chargés d’assurer l’exécution des ordres, le conseil et, le cas échéant, la gestion des portefeuilles. En Tunisie, des établissements comme Tunisie Valeurs, MAC SA ou Maxula, parmi d’autres acteurs agréés par le régulateur, constituent des points d’entrée naturels vers le marché boursier pour les épargnants désireux de franchir le pas de manière encadrée et professionnelle. Ils sont réputés pour leur sérieux et, surtout, d’investir l’argent de leurs clients, dans les titres les plus rentables.

Maya Bouallégui

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4 commentaires

  1. riadh e.

    4 février 2026 | 11h43

    Lorsqu’un pays a :

    – un controle des capitaux
    – de sérieux doute sur la veleur future de sa monnaie
    – une inflation difficile à maitriser
    – une politique monétaire de la Bqnue Centrale en perte d’indépendance,

    La concéquence rationelle devient pour les agents économique de préserver la valeur de leurs actifs.
    pour cela il peut:
    – acheter une voiture (toujours moins cher aujourd’hui que demain)
    – acheter des iphone (idem)
    – achter de l’immobilier
    – acheter des actions

    Les deux derniers sont hyper rationnel pour protéger son épargne contre l’inflation, un décrochage du Dinar ou des contrôles de capitaux empêchant leur transfert en devises.

    Pour ces raisons les bourses du Caire et d’Istambul font des performances exceptionnelles depuis un certain temps malgrès une économie mauribonde.

    Les agents se protègent de l’incertitude grâce à la Bourse parce que les cours boursiers augmentent avec l’inflation et la dévaluation.

  2. Rationnel

    3 février 2026 | 21h27

    L’investissement dans la bourse est intéressant mais un bon rendement en 2025 ne garantit pas le même sort en 2026. La bourse avec un ratio P/E de 12 est relativement bon marché et l’une des moins chères au monde, la Turquie vient dans la prochaine position avec un P/E de 15.
    Investir dans l’or ou l’argent serait probablement mieux rémunérant. L’argent a réalisé 160% en 2025, a bien commencé 2026 et a subi une correction de 34% le vendredi dernier. L’or serait moins volatile.
    Le meilleur investissement pour ceux qui n’ont pas de grandes sommes à investir est l’installation d’un système d’énergie solaire.
    L’analyse du programme PROSOL ELEC démontre qu’une installation solaire de 3 kWc représente l’un des meilleurs choix d’investissement pour les ménages tunisiens. Avec un coût total d’environ 7 500 TND et une subvention FTE maximale de 3 000 TND, l’investissement net s’élève à seulement 4 500 TND. Cette configuration permet de maximiser pleinement la subvention plafonnée tout en bénéficiant d’économies d’échelle sur les équipements. Le temps de retour sur investissement est remarquablement court, oscillant entre 2,3 et 2,7 années selon le niveau de consommation du foyer, avec une production annuelle estimée à 4 950 kWh dans la région de Sfax.
    Sur une durée de vie de 25 ans, le système génère des économies cumulées dépassant 56 000 TND, soit un retour sur investissement supérieur à 1 100%. Grâce au crédit PROSOL proposé (7 500 TND sur 7 ans), l’installation ne nécessite aucun apport initial — les mensualités de 121 TND étant prélevées directement sur la facture STEG, largement compensées par les économies d’électricité réalisées. Avec un coût actualisé de l’énergie (LCOE) de seulement 0,04 TND/kWh, bien inférieur aux tarifs STEG, l’installation de 3 kWc s’impose comme une solution financièrement avantageuse qui contribue également à la transition énergétique nationale et à la réduction de la dépendance aux énergies fossiles.

  3. Majdi Grira

    3 février 2026 | 16h35

    Effet de rattrapage

    • le financier

      3 février 2026 | 18h37

      Les tunisiens n ont pas d epargne alors rien a investir et surtout pas dn bourse