La Tunisie fait face à une pression croissante sur ses ressources hydriques, aggravée par le changement climatique, la surexploitation agricole et l’urbanisation rapide. Sécheresses récurrentes, épuisement des nappes phréatiques et prolifération de puits non régulés mettent en péril l’équilibre hydrologique du pays et posent un défi majeur pour la gestion durable de l’eau. Dans ce contexte, la question de l’impact des secteurs économiques sur les ressources en eau suscite un intérêt croissant.
Parmi ces secteurs, celui de l’eau minérale conditionnée, attire une attention particulière, soulevant parfois des inquiétudes quant à sa contribution à l’exploitation des nappes et des sources naturelles.
Or, ce secteur n’exploite qu’une part extrêmement limitée des ressources en eau du pays. Dans une intervention dans la matinale de la Radio nationale mercredi 4 février 2026, la directrice de la communication de l’Office national du thermalisme et de l’hydrothérapie, Moufida Ben Nacer, a affirmé que la part du secteur représentait seulement 0,19% du volume total des ressources hydriques tunisiennes, confirmant que son impact sur les nappes phréatiques et les écosystèmes aquatiques est marginal.
Selon les chiffres communiqués, la Tunisie compte 31 unités industrielles d’embouteillage, capables de produire jusqu’à 500.000 bouteilles par heure, dans le respect des normes légales qui limitent le débit à 5 litres par seconde par puits.
Durant les neuf premiers mois de l’année écoulée, ces unités ont produit 2,1 milliards de litres d’eau, soit une augmentation de 8% par rapport à la même période en 2024. Ce chiffre illustre non seulement la croissance du secteur mais également son exploitation méthodique et contrôlée des ressources naturelles.
La responsable a, cependant, alerté sur la prolifération des puits clandestins. Près de 40.000 puits clandestins sont actuellement en exploitation anarchique, selon ses dires, ce qui contribue à l’épuisement des nappes et altère la recharge naturelle des aquifères.
D’un point de vue scientifique, ces puits non régulés modifient la dynamique hydraulique locale, entraînant des déséquilibres de pression dans les aquifères et affectant directement la production des unités d’embouteillage.
Mme Ben Nacer a également souligné que le secteur agricole constituait le principal consommateur d’eau en Tunisie. Par exemple, l’irrigation d’un hectare de tomates nécessite des volumes d’eau bien supérieurs à ceux prélevés par une unité d’embouteillage industrielle sur la même période.
Elle a par ailleurs insisté sur la nécessité d’adopter des pratiques plus écologiques et respectueuses de l’environnement dans le conditionnement et la gestion de l’eau minérale, afin de concilier développement économique et préservation des ressources hydriques.
N.J










