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Pénuries de médicaments essentiels au traitement du cancer : des témoignages qui dénoncent une crise sanitaire et éthique

Par Myriam Ben Zineb

La pénurie de médicaments essentiels au traitement et à la prise en charge du cancer continue de susciter une vive indignation. Sur les réseaux sociaux, des citoyennes et des patientes dénoncent l’indisponibilité de traitements indispensables, mettant en cause les priorités budgétaires de l’État et alertant sur une atteinte grave au droit à la santé, en particulier pour les femmes atteintes d’un cancer du sein.

Dans un message relayé par solidarité, une internaute déplore l’absence de médicaments vitaux alors que d’autres dépenses publiques sont maintenues. Elle estime que cette situation constitue une violation des droits sociaux et s’interroge sur l’aggravation continue des conditions de prise en charge des malades, dans un contexte où rien ne semble s’améliorer.

Un témoignage précis met en lumière les conséquences concrètes de cette pénurie. Il concerne le Zoladex, un médicament utilisé dans le traitement hormonal du cancer du sein hormonodépendant, une forme qui représente plus de 70 % des cas. Administré par injection mensuelle sur plusieurs années, ce traitement vise à réduire le risque de récidive et joue un rôle déterminant dans le pronostic vital à cinq ans.

Selon ce témoignage, l’impact du traitement hormonal sur les chances de survie est supérieur à celui de la chimiothérapie, ce qui souligne son importance thérapeutique. L’injection, dont le coût est estimé à environ 80 euros, est normalement prise en charge par la Caisse nationale de sécurité sociale. En revanche, les comprimés associés au protocole ne sont pas fournis et doivent être achetés en pharmacie, souvent sur commande ou importés de l’étranger.

Le problème majeur réside aujourd’hui dans la rupture de stock du Zoladex. Cette pénurie a favorisé l’émergence d’un marché parallèle, où certaines injections seraient proposées sur des groupes Facebook à des prix atteignant 700 dinars, plaçant de nombreuses patientes dans une situation financière et médicale critique.

Une pénurie plus large touchant aussi la prise en charge de la douleur

Ces témoignages s’inscrivent dans un contexte plus large de pénuries persistantes dans le secteur de la santé. Depuis plusieurs mois, des médecins tunisiens alertent sur l’indisponibilité de médicaments essentiels à la prise en charge de la douleur cancéreuse, notamment pour les patients en soins palliatifs. Une situation jugée intenable sur les plans médical et éthique.

Des professionnels de santé décrivent la souffrance extrême de patients confrontés à des douleurs continues et insupportables, faute de traitements antidouleur adaptés. Ils pointent en particulier la rupture de médicaments opioïdes, dont la morphine à libération prolongée, absente des pharmacies depuis plusieurs mois. Ces médicaments ne traitent pas le cancer lui-même, mais sont indispensables pour préserver la dignité et la qualité de vie des patients en phase avancée.

Faute de formes orales disponibles, les soignants sont contraints de recourir à des injections répétées, parfois plusieurs fois par jour, une solution lourde, pénible pour les patients et peu adaptée à un traitement de fond. Selon les praticiens, cette situation reflète un dysfonctionnement profond dans la gestion des médicaments essentiels.

La pénurie ne se limite pas aux antidouleurs. Des traitements relevant de l’immunothérapie, pourtant disponibles à l’étranger et susceptibles d’améliorer la prise en charge de certains patients, demeurent inaccessibles en Tunisie, souvent en raison de problèmes de disponibilité ou de prise en charge.

Pour le corps médical, l’impact est double : une dégradation sévère de la qualité de vie des patients et un profond malaise professionnel. Chaque prescription devient un casse-tête, les médecins devant vérifier quotidiennement quels médicaments sont réellement disponibles avant de décider du traitement.

Face à cette crise, les praticiens appellent les autorités sanitaires et les structures concernées à intervenir en urgence afin de garantir un accès continu aux médicaments essentiels au traitement et à la prise en charge du cancer. Car au-delà des procédures et des chiffres, soulignent-ils, l’enjeu est celui de la dignité humaine et du droit fondamental à la santé.

M.B.Z

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2 commentaires

  1. riadh e.

    Répondre
    5 février 2026 | 15h54

    Allah Ghaleb, c’est a cause des comploteurs et du passé et des islamistes, surtout pas de celui qui nous dirige seul depuis 5 ans.

  2. Hannibal

    Répondre
    4 février 2026 | 18h46

    « Allah ghaleb! L’argent sert à embaucher des chômeurs désœuvrés qui sauront pour qui voter en 2029 »

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