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Produits chimiques éternels dans les cosmétiques : ce que révèle la condamnation d’Estée Lauder

Depuis l’annonce de l’amende infligée à Estée Lauder Cosmetics Ltd, l’équipe de BN Check a reçu de nombreuses questions et demandes d’information, notamment sur la nature des produits chimiques mentionnés dans cette affaire et sur leurs effets potentiels sur la santé et l’environnement. Plusieurs internautes s’interrogeaient sur l’exactitude de l’information relayée. Après vérification, les faits sont avérés et reposent sur des documents officiels des autorités canadiennes.

Le 13 janvier 2026, devant l’Ontario Court of Justice, Estée Lauder Cosmetics Ltd a effectivement plaidé coupable à deux infractions à la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (1999). L’entreprise a été condamnée à une amende de 750 000 dollars canadiens pour ne pas avoir informé le gouvernement d’une « nouvelle activité significative » liée à certains produits cosmétiques et pour ne pas avoir respecté un ordre de conformité environnementale.
Cette décision a été rendue publique par Environnement et Changement climatique Canada, l’organisme fédéral chargé de l’application de cette loi. Les fonds de l’amende seront versés au Fonds pour dommages à l’environnement du gouvernement canadien, un programme destiné à financer des projets de réparation et de protection de l’environnement.

Les faits remontent à mai 2023, lors d’une inspection de routine menée par des agents fédéraux. Les autorités ont constaté que la société commercialisait des eyeliners contenant un ingrédient appelé Perfluorononyl Dimethicone. Cette substance appartient à la famille des PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées), souvent surnommées les « produits chimiques éternels ».
Selon la législation canadienne, l’importation, la vente ou la distribution de cosmétiques contenant cette substance est considérée comme une « nouvelle activité significative », ce qui oblige les entreprises à en informer préalablement le gouvernement afin de permettre une évaluation des risques potentiels pour la santé humaine et l’environnement. En ne respectant pas cette obligation, l’entreprise a enfreint l’article 81(4) de la loi, puis l’article 238(1) en ne se conformant pas à un ordre officiel émis en juin 2023.

Les PFAS sont au cœur des inquiétudes exprimées par le public. Il s’agit d’une vaste famille de plus de 15 000 substances chimiques fabriquées par l’homme, utilisées depuis des décennies dans de nombreux produits de consommation pour leurs propriétés de résistance à l’eau, à la graisse et à la chaleur. Dans les cosmétiques, le Perfluorononyl Dimethicone est utilisé pour améliorer la tenue du maquillage, sa durabilité et sa résistance à l’humidité.
Le principal problème de ces substances réside dans leur extrême persistance : elles se dégradent très lentement, voire pas du tout, ce qui explique leur surnom de « forever chemicals ». Elles peuvent ainsi s’accumuler dans l’environnement, l’eau potable et les organismes vivants, y compris le corps humain.

Plusieurs agences sanitaires et environnementales internationales alertent sur les risques associés à certains PFAS. Des études citées par l’Organisation mondiale de la santé et par l’Agence européenne des produits chimiques indiquent que l’exposition prolongée à certaines substances de cette famille est associée à des effets sur le foie, le système immunitaire et la fertilité, ainsi qu’à un risque accru de certains cancers. Bien que tous les PFAS n’aient pas le même niveau de toxicité, leur persistance et leur accumulation constituent un enjeu majeur de santé publique et de protection de l’environnement.

R.A.

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