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Liberté d’expression vs mesures judiciaires : les réactions autour de l’arrestation d’Ahmed Saidani

Par Sarra Hlaoui

L’arrestation du député Ahmed Saidani continue de susciter des réactions contrastées sur les réseaux sociaux, notamment parmi des acteurs politiques, des chroniqueurs et des militants.

Dans une publication Facebook, l’activiste, Sami Handous a estimé que le député Ahmed Saidani aurait pu être poursuivi ou emprisonné par le passé pour certaines de ses déclarations, notamment lorsqu’il avait appelé à l’exécution d’opposants ou proféré des menaces à l’encontre d’une collègue députée.

Il considère toutefois que son arrestation intervient dès lors qu’il a critiqué directement le président de la République, sans que des procédures préalables, telles qu’une levée de l’immunité, ne soient engagées.

De son côté, le blogueur Mehrez Belhassen a rappelé que Ahmed Saidani s’était, il y a quelques jours, illustré par des propos virulents à l’encontre de celui qu’il appelait autrefois à liquider l’opposition.

Tout en se disant en désaccord avec ses positions, Mehrez Belhassen estime que l’arrestation d’un député pour des déclarations faites dans le cadre de son activité parlementaire constitue, selon lui, une atteinte aux libertés politiques.

Il appelle ainsi à la libération d’Ahmed Saidani, tout en exprimant l’espoir d’une remise en question de ses positions idéologiques.

Pour sa part, Elyes Chaouachi, fils du prisonnier politique Ghazi Chaouachi, a considéré que cette arrestation illustre, selon lui, le fait que « l’autoritarisme ne fait pas de distinction », y compris à l’égard de ceux qui avaient auparavant appelé à des sanctions extrêmes contre des opposants politiques.

Il a plaidé pour la liberté de toute personne estimant être victime d’une injustice judiciaire.

Le député Majdi Ben Khiareddine Boudhina a, quant à lui, affirmé maintenir une position de principe, estimant que seuls les régimes autoritaires emprisonnent des citoyens pour des propos exprimés, quels qu’ils soient.

Il a souligné que les infractions liées à l’insulte ou à l’atteinte verbale doivent être sanctionnées dans le cadre de la loi, mais ne devraient pas, selon lui, conduire à des peines de prison.

Dans ce contexte, le président de la Commission des droits et des libertés à l’Assemblée des représentants du peuple, Thabet El Abed, a rappelé que la liberté d’expression et les garanties juridiques ne sont pas liées aux personnes ni à leurs positions, mais constituent des droits constitutionnels fondamentaux.

Il a souligné que toute poursuite ou arrestation liée à l’expression d’une opinion, aussi choquante ou politiquement contestable soit-elle, doit s’inscrire strictement dans le cadre de la loi, dans le respect de la présomption d’innocence, du droit à la défense ainsi que des principes de nécessité et de proportionnalité.

Il a, par ailleurs, indiqué que la Commission poursuivra son rôle de suivi et de vigilance en matière de respect des droits et libertés, en dehors de toute logique d’alignement politique ou d’instrumentalisation.

 Sur le plateau de la chaîne Attessia, la chroniqueuse Imen Jlassi a, de son côté, exprimé son soutien à « l’initiative de la justice ». Elle a salué l’intervention de la justice agissant, selon elle, « de sa propre initiative », tout en précisant soutenir le principe de la liberté d’expression.

La chroniqueuse controversée a toutefois estimé que les propos et publications attribués au député Ahmed Saidani, que ce soit sous la coupole du Parlement ou sur les réseaux sociaux, ne relèvent pas de la liberté d’expression.

Elle a évoqué des déclarations qu’elle qualifie d’injurieuses, diffamatoires et attentatoires à l’égard du président de la République ainsi que d’institutions qu’elle a qualifiées de souveraines, s’interrogeant sur les limites à fixer au discours public.

À ce stade, les autorités n’ont toujours pas communiqué officiellement sur les motifs de l’arrestation du député Ahmed Saidani.

S.H

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Commentaire

  1. Mhammed Ben Hassine

    5 février 2026 | 15h08

    [Ahmed Saidani aurait pu être poursuivi ou emprisonné par le passé pour certaines de ses déclarations, notamment lorsqu’il avait appelé à l’exécution d’opposants ou proféré des menaces à l’encontre d’une collègue députée]
    Et le principe de deux poids deux ou trois mesure à quoi sert