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Après plus d’un an de détention, Abdallah Saïd reste en prison : refus de remise en liberté

Par Myriam Ben Zineb

La Cour de première instance de Médenine a décidé, mardi 3 février 2026, de reporter l’examen de l’affaire Abdallah Saïd au 21 avril prochain, tout en rejetant la demande de remise en liberté du médecin et président de l’association Enfants de la Lune. Une décision qui intervient après plus d’un an de détention préventive et qui relance les critiques autour de ce dossier.

Lors de cette première audience, la juridiction a maintenu l’intéressé en détention, alors même que plusieurs accusations initialement retenues contre lui ont été abandonnées au fil de la procédure. Abdallah Saïd est incarcéré depuis le 12 novembre 2024, en lien avec les activités humanitaires menées par son association, active dans l’accompagnement social et sanitaire des catégories vulnérables.

Un dossier judiciaire progressivement requalifié

Dans un premier temps, l’affaire avait été transmise au pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme. Ce dernier s’en est finalement dessaisi après avoir conclu à l’absence de toute dimension terroriste dans le dossier. Les accusations d’atteinte à la sûreté extérieure de l’État et de blanchiment d’argent ont également été classées à la clôture de l’enquête.

Il ne subsiste aujourd’hui qu’une accusation à caractère financier, toujours en cours d’instruction, sans éléments considérés comme suffisants par la défense pour justifier la poursuite de la détention préventive.

Un soutien affiché d’organisations civiles

Dans ce contexte, le collectif contre la criminalisation de l’action humanitaire avait publié, le 29 janvier 2026, un communiqué de soutien à Abdallah Saïd, dénonçant une privation de liberté jugée arbitraire et contraire aux droits fondamentaux.

Le collectif met en avant le parcours professionnel et associatif du médecin, fonctionnaire au ministère de la Santé depuis plus de trente ans, engagé auprès des personnes vulnérables, notamment les personnes en situation de handicap, les enfants migrants et réfugiés ainsi que les femmes et les mineurs en rupture scolaire.

Le communiqué insiste également sur son rôle à la tête de l’association Enfants de la Lune et sur son implication dans la création de l’espace Dar Al-Jam’iyyat à Médenine, structure ayant accueilli des activités de soutien psychologique et social, des programmes d’autonomisation économique pour les femmes, des actions d’alphabétisation et d’encadrement d’enfants, ainsi qu’un appui en matériel paramédical à des établissements éducatifs et structures de santé, notamment durant la pandémie de Covid-19. Selon la même source, ces activités ont été menées publiquement et en coordination avec les autorités.

Une affaire inscrite dans un contexte plus large, selon le collectif

Le collectif estime que cette affaire s’inscrit dans une dynamique plus large visant certains acteurs de la société civile engagés dans l’action humanitaire, en particulier sur les questions migratoires et la lutte contre les discriminations.

Il considère que certaines actions de solidarité tendraient à être assimilées à des infractions, évoquant des poursuites judiciaires, des campagnes de dénigrement et des discours hostiles visant des défenseurs des droits humains.

L’organisation appelle ainsi à la libération immédiate d’Abdallah Saïd, à l’abandon des poursuites liées aux activités humanitaires et à un renforcement des mécanismes de protection des acteurs associatifs.

Une prochaine échéance judiciaire en avril

En attendant la prochaine audience fixée au 21 avril 2026, Abdallah Saïd demeure en détention. Le dossier continue de susciter des réactions dans les milieux associatifs et des droits humains, alors que la justice poursuit l’examen des faits restant à sa charge.

M.B.Z

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