Réuni jeudi 5 février 2026, le Conseil de l’Ordre national des avocats de Tunisie a examiné la note de revendications adressée par le bâtonnier au ministère de la Justice, ainsi que la demande d’un rendez-vous officiel en vue d’engager des négociations.
Dans un communiqué rendu public le 6 février, le Conseil affirme que les revendications de la profession sont légitimes et urgentes, estimant qu’elles ne peuvent plus faire l’objet de reports ou d’un traitement différé. Dans cette perspective, le bâtonnier a appelé à la tenue, le 14 février 2026, d’une réunion des conseils des sections régionales de l’Ordre, destinée à approfondir la discussion autour de ces revendications et à définir les moyens de leur concrétisation, dans l’intérêt de la profession d’avocat en Tunisie.
Droit de visite restreint : l’Ordre dénonce des atteintes graves à la défense
Le Conseil de l’Ordre fait par ailleurs état de sa vive inquiétude face aux atteintes répétées au droit de la défense, qu’il juge inacceptables et contraires aux garanties d’un procès équitable. Il dénonce notamment les restrictions imposées au droit de visite, parfois en dehors de tout cadre légal, ainsi que les pressions et entraves subies par les avocats et les justiciables, portant atteinte à leur dignité et aux principes fondamentaux de la justice. Constatant l’absence de réaction sérieuse des autorités concernées, malgré les courriers et les démarches entreprises pour lever ces obstacles, le Conseil annonce une action de protestation.
Ces inquiétudes s’inscrivent dans un climat plus large de tensions entre les autorités et la profession d’avocat, marqué ces derniers mois par plusieurs alertes concernant le respect des garanties élémentaires de la défense. Des avocats ont notamment dénoncé des restrictions ou entraves à l’accès à leurs clients détenus, parfois sans décisions écrites ou justification claire, ainsi que des pressions dans des affaires sensibles. Par ailleurs, la profession s’inquiète de la multiplication des poursuites visant des avocats en lien avec l’exercice de leur mission, une évolution perçue comme une tentative de dissuasion et une remise en cause directe du rôle de la défense dans un procès équitable.
Mobilisation annoncée : rassemblement le 13 février au Palais de justice
L’ensemble des avocates et avocats est ainsi appelé à observer un rassemblement de protestation le vendredi 13 février 2026, à 11 heures, au Palais de justice de Tunis, afin d’exprimer leur rejet de ces pratiques et leur détermination à défendre le droit de la défense et à exiger la levée de toutes les entraves qui y portent atteinte.
Le Conseil de l’Ordre indique également avoir pris connaissance des mouvements de protestation menés par les avocats du Royaume du Maroc contre ce qu’ils considèrent comme des tentatives de remise en cause de l’indépendance de leur profession, notamment à travers l’élaboration unilatérale d’un projet de loi régissant la profession, jugé non conforme à leurs revendications. À ce titre, il a salué la lettre de solidarité adressée par le bâtonnier tunisien aux représentants des avocats marocains et a renouvelé son soutien total et inconditionnel à leur lutte pour la préservation de l’indépendance de la profession, de ses acquis et de ses valeurs fondamentales.
En conclusion, le Conseil de l’Ordre national des avocats de Tunisie appelle l’ensemble des avocates et avocats à la vigilance et à une mobilisation responsable, en renforçant l’unité de la profession et en se rassemblant autour de ses structures, afin de défendre ses acquis et de garantir le respect des droits de la défense.
S.H










