Le député Bilel El Mechri a vivement dénoncé l’arrestation de son collègue Ahmed Saïdani, qu’il qualifie d’« illégale » et de « grave atteinte à la Constitution et à l’État de droit ».
Dans un long témoignage publié, dimanche 8 février 2026, sur les réseaux sociaux, l’élu estime que les procédures engagées contre son collègue constituent une violation manifeste des garanties constitutionnelles accordées aux membres de l’Assemblée des représentants du peuple.
Selon Bilel El Mechri, Ahmed Saïdani a été placé en garde à vue pendant 48 heures sur la base de l’article 86 du Code des télécommunications, à la suite d’une publication sur Facebook, pour « offense à autrui via les réseaux publics de communication ». Il souligne qu’aucune accusation liée à la violence, à la diffamation ou au flagrant délit n’a été retenue, rappelant que, dans ce cas de figure, l’article 64 de la Constitution garantit l’immunité parlementaire et interdit toute arrestation sans une demande formelle de levée de cette immunité approuvée par le Parlement.
Le député s’interroge également sur les conditions de l’interpellation, affirmant qu’Ahmed Saïdani a été arrêté dans un café à Mateur (Bizerte), alors que son lieu de résidence est connu et qu’une simple convocation aurait suffi. Il affirme, par ailleurs, qu’aucune décision préalable du procureur de la République n’aurait été émise au moment de l’arrestation, s’interrogeant sur la base légale de son transfert vers le centre d’El Aouina, où il a été entendu en tant que suspect avant qu’une décision de détention ne soit prononcée.
Bilel El Mechri considère que cette affaire révèle un dysfonctionnement plus large des institutions, estimant que la Constitution est bafouée et que les règles de droit sont appliquées de manière sélective. Il met en cause la responsabilité du ministère de la Justice et du parquet, s’interrogeant sur l’absence d’intervention du président de la République en sa qualité de garant du respect de la Constitution.
Le député établit également un parallèle avec une plainte déposée l’année dernière contre la ministre de l’Énergie et d’autres responsables, concernant ce qu’il qualifie de dilapidation des ressources nationales, notamment dans le domaine des énergies renouvelables. Selon lui, cette affaire serait restée sans suite, illustrant, d’après ses propos, une justice à deux vitesses.
Pour Bilel El Mechri, le véritable danger pour l’État ne réside pas dans une publication sur les réseaux sociaux, mais dans la violation de la Constitution, des lois et des institutions. Il affirme que la liberté d’expression et le respect des garanties constitutionnelles sont les fondements mêmes de l’État, avertissant que l’érosion de ces principes constitue une menace directe pour la stabilité et la crédibilité des institutions.
Il conclut en appelant à la libération immédiate du député Ahmed Saïdani et au respect strict de la Constitution, estimant que l’histoire montre que les États ne s’effondrent pas à cause de paroles ou de publications, mais en raison de l’injustice, de l’arbitraire et de la remise en cause de l’État de droit.
S.H













