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Drame scolaire à Monastir : la victime n’était pas visée, selon le parquet

Par Myriam Ben Zineb

Le substitut du procureur de la République près le tribunal de première instance de Monastir, Mohamed Mekki Fraj, a indiqué, mardi 10 février 2026, que l’élève Yassine, décédé à la suite d’une agression à l’arme blanche survenue dans un établissement scolaire du gouvernorat, n’était pas la cible initialement visée par l’auteur des faits. Il a également précisé qu’aucune relation ne liait la victime à l’agresseur.

Intervenant sur les ondes de Jawhara FM, le magistrat a expliqué que les faits remontent à l’intrusion de deux mineurs dans l’établissement. Le premier, né en 2008, est inscrit dans le même institut, tandis que le second, né en 2009, est déscolarisé. Les deux jeunes auraient pénétré dans l’enceinte scolaire en franchissant le mur extérieur afin de rencontrer un élève pour régler un différend né sur les réseaux sociaux. L’un d’eux s’était muni d’une arme blanche avant de quitter son domicile.

Après un échange avec l’élève concerné, plusieurs élèves se sont rassemblés autour des concernés après avoir constaté la présence d’un intrus. Pris de panique, l’auteur de l’agression s’est mis à brandir l’arme blanche avant de porter des coups de couteau à Yassine ainsi qu’à un autre élève.

Deux mineurs interpellés

Selon un communiqué de la direction générale de la sûreté nationale publié lundi 9 février 2026, les unités sécuritaires sont parvenues à interpeller rapidement deux mineurs âgés de 17 et 16 ans, dont un élève et un membre de sa famille, impliqués dans l’agression de deux élèves à la suite d’un différend.

Les faits se sont produits dans le hall de l’établissement. L’un des élèves agressés a été légèrement blessé, tandis que l’autre a succombé à ses blessures.

Les investigations se poursuivent afin de déterminer les circonstances exactes de ce drame.

Une violence scolaire préoccupante

Ce drame intervient dans un contexte marqué par la persistance du phénomène de la violence en milieu scolaire. Selon une étude de l’Unicef réalisée pour le ministère de l’Éducation et présentée le 3 février 2026 à Tunis, plus d’un élève sur quatre en Tunisie déclare avoir été exposé à la violence physique au cours de sa scolarité, soit 28,4% des élèves, avec une exposition plus marquée chez les garçons.

Menée entre 2023 et 2025, cette étude repose sur trois enquêtes quantitatives auprès d’élèves scolarisés, d’adolescents déscolarisés et de professionnels de l’éducation, complétées par un volet qualitatif. Elle met en évidence d’importantes disparités régionales ainsi qu’une violence majoritairement interne à l’espace scolaire, souvent exercée par d’autres élèves et survenant principalement dans les établissements ou à leurs abords.

Les résultats soulignent également des conséquences psychologiques et sociales préoccupantes, notamment un risque accru de dépression et de comportements à risque chez les victimes, particulièrement les filles, ainsi qu’un déficit de signalement des cas de violence.

Face à ce phénomène, les autorités éducatives appellent à une mobilisation collective afin d’élaborer une stratégie nationale coordonnée visant à protéger les élèves, renforcer la prévention et garantir un environnement scolaire sûr.

M.B.Z

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