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« Mesure punitive » : l’UGTT riposte à la suspension des retenues sur salaire

Par Myriam Ben Zineb

Le secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Sami Tahri, a qualifié, mardi 10 février 2026, la décision de suspendre le mécanisme de retenue directe sur les salaires au titre de l’adhésion syndicale de « mesure punitive », affirmant que l’organisation œuvrera à récupérer le droit au transfert des cotisations prélevées par « toutes les formes de lutte ».

S’exprimant au correspondant de Jawhara FM, en marge d’une réunion de la commission administrative organisationnelle tenue au siège de l’Union, le dirigeant syndical a également indiqué que les aspects financiers et organisationnels liés à la tenue du congrès national de l’UGTT seront examinés. Il a évoqué la possibilité d’organiser ce congrès dans un hôtel dans la région de Monastir, dans un contexte marqué par la hausse des prix des unités hôtelières dans la capitale. Il a, par ailleurs, mentionné l’éventualité du lancement d’une campagne de volontariat et de dons pour faire face aux répercussions de cette décision.

Un mécanisme présenté comme un droit syndical fondamental

Dans un contexte de débats autour du prélèvement direct des cotisations, Sami Tahri avait défendu ce dispositif, le présentant comme un droit syndical fondamental et un acquis issu des luttes sociales.

Dans un post publié le 5 février 2026 sur les réseaux sociaux, il avait rappelé que le prélèvement direct repose sur le principe du volontariat, soulignant qu’il s’agit d’un mécanisme optionnel basé sur le choix individuel du travailleur et non d’une procédure automatique ou obligatoire.

Le responsable syndical considère ce mécanisme comme un acquis historique lié au rôle national et social du syndicat et inscrit dans la continuité des luttes visant à renforcer les droits syndicaux et la représentation des travailleurs.

Référence aux engagements internationaux et aux libertés syndicales

Sami Tahri fait également le lien avec les conventions internationales n°87 et n°151, qui prévoient des facilités accordées aux organisations syndicales pour mener leurs activités de défense des travailleurs. Selon lui, l’arrêt du prélèvement direct serait contraire aux engagements internationaux de la Tunisie en matière de normes du travail.

Il estime aussi que la suppression de ce mécanisme pourrait constituer une atteinte au droit syndical, notamment si elle cible un syndicat précis ou intervient dans un contexte de tension politique, ce qui pourrait, selon lui, affaiblir la capacité d’action des organisations syndicales.

Le dirigeant syndical souligne par ailleurs que le prélèvement direct est utilisé dans d’autres domaines, notamment pour les coopératives, les amicales, les remboursements de crédits ou certains paiements directs liés aux services publics, le présentant comme un outil administratif facilitant la gestion du salaire.

Mise en garde contre une lecture politique de la décision

Sami Tahri considère que l’arrêt du prélèvement direct constituerait une mesure politique punitive visant le syndicat et les travailleurs. Il évoque un précédent sous le gouvernement de Mohamed Mzali, dans un contexte de tensions entre le pouvoir et l’UGTT.

Il inscrit cette question dans un ensemble plus large de mesures qu’il qualifie de restrictives, évoquant notamment la suppression de certaines facilités syndicales, la suspension du dialogue social, la remise en cause d’accords antérieurs ou encore des poursuites judiciaires visant des syndicalistes.

Des alternatives envisagées

Le responsable syndical rappelle que, par le passé, la suspension du prélèvement avait été contournée par des campagnes d’adhésion directe dans les institutions. Il estime que les outils techniques actuels pourraient offrir de nouvelles alternatives en cas de suppression durable du dispositif.

Il affirme enfin que la mobilisation pour le maintien ou la restauration du prélèvement direct relève, selon lui, de la défense du droit syndical dans toutes ses dimensions.

M.B.Z

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2 commentaires

  1. Judili58

    10 février 2026 | 19h32

    L’UGTT doit devenir adulte et compter sur elle même il y va de l’indépendance de l’action syndicale.

  2. Tunisino

    10 février 2026 | 14h22

    L’Ugtt n’a qu’à se transformer en un parti politique, sa mission est terminée avec l’indépendance de la Tunisie.