Le 10 février 2026, le Parlement européen a adopté une liste commune de pays d’origine sûrs, incluant notamment la Tunisie, le Bangladesh, le Maroc, l’Égypte ou encore l’Inde. Cette décision s’inscrit dans une réforme plus large des règles d’asile européennes, visant à harmoniser les procédures entre États membres et à accélérer le traitement des demandes d’asile.
Cette liste impacte directement les ressortissants des pays concernés, car elle permet de qualifier certaines demandes d’asile comme potentiellement irrecevables si elles proviennent de ces pays considérés “sûrs”.
Qu’est-ce qu’un “pays d’origine sûr” ?
Un pays est qualifié de “sûr” lorsqu’il est supposé garantir les droits fondamentaux, protéger les individus contre les persécutions, et offrir des conditions permettant à un demandeur d’asile d’obtenir protection.
L’inclusion d’un pays sur cette liste n’empêche pas totalement de demander l’asile, mais la procédure peut être accélérée, et le demandeur doit démontrer un risque réel de persécution ou de préjudice grave.
Les principales nouveautés adoptées
Le Parlement européen a validé plusieurs mécanismes clés :
Liste commune des pays d’origine sûrs : permet aux États membres de traiter plus rapidement certaines demandes.
Concept de “pays tiers sûr” : si un demandeur a transité par un pays considéré sûr où il aurait pu demander protection, sa demande peut être déclarée irrecevable.
Procédures accélérées : les demandes provenant de ces pays peuvent être traitées plus rapidement pour réduire les délais d’examen.
Ces mesures visent à uniformiser la politique d’asile et à éviter que certains pays soient plus sollicités que d’autres.
Pourquoi la Tunisie est concernée
La Tunisie a été incluse dans la liste européenne des pays d’origine sûrs, ce qui signifie que :
Les demandes d’asile provenant de Tunisiens en Europe pourront être traitées selon des procédures accélérées.
Les demandeurs devront démontrer individuellement qu’ils courent un risque réel dans leur pays.
Cela s’inscrit dans une logique d’harmonisation avec d’autres pays de la région.
Les points de vue divergents
- Ce que défendent les partisans :
-Accélérer les procédures et réduire les délais d’attente pour les États européens.
-Harmoniser les règles entre pays membres.
-Limiter les abus et faciliter la planification des politiques migratoires.
- Ce que dénoncent les ONG :
–Les ONG internationales alertent sur le risque d’expulsions accélérées.
-Elles craignent que la Tunisie ne garantisse pas toujours les droits fondamentaux pour les migrants et réfugiés.
-Elles dénoncent la possibilité de contourner l’examen individuel des demandes d’asile.
Illustration concrète
Si un ressortissant tunisien arrive en Italie ou en France pour demander l’asile, sa demande sera examinée dans le cadre d’une procédure accélérée. L’administration devra vérifier s’il existe un risque réel de persécution. Si le demandeur a déjà séjourné dans un autre pays considéré sûr, sa demande pourrait être déclarée irrecevable.
Conséquences possibles
Pour les États membres : meilleure organisation et répartition des demandes d’asile.
Pour les demandeurs : examen plus rapide mais avec des exigences plus strictes.
Pour la coopération UE-Tunisie : renforcement des échanges sur la migration et le contrôle des frontières.
L’adoption de la liste des pays d’origine sûrs, incluant la Tunisie, représente un tournant dans la politique migratoire européenne.
Elle pose cependant des questions sensibles sur la protection des droits humains et sur l’équilibre entre efficacité administrative et justice individuelle.
À retenir : la Tunisie est désormais reconnue comme pays sûr par l’UE, ce qui accélère certaines procédures d’asile mais suscite aussi des inquiétudes sur la protection des demandeurs.










