La Coordination des familles des détenus politiques a appelé à une mobilisation nationale à l’occasion de la troisième commémoration du lancement des investigations et du début des arrestations dans l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État », dans un contexte marqué par les lourdes décisions rendues en appel fin novembre 2025.
Dans un texte rendu public, la coordination affirme que cet anniversaire ne passera pas « sans être présents sur les places et dans les rues », dénonçant ce qu’elle qualifie d’injustice, d’autoritarisme et de criminalisation de l’action politique, tout en réitérant son exigence de libération des détenus politiques.
Un verdict en appel aux décisions contrastées
Le climat autour de cette affaire reste fortement marqué par le verdict en appel du 28 novembre 2025. La chambre pénale spécialisée en matière de terrorisme auprès de la cour d’appel de Tunis a prononcé des peines pouvant atteindre 45 ans de prison pour les accusés détenus, avec un acquittement total.
Pour les accusés laissés en liberté, les peines ont varié entre 5 et 35 ans de prison, avec deux acquittements supplémentaires. Concernant les accusés en fuite, la cour a confirmé les condamnations de première instance, soit 33 ans de prison avec exécution immédiate.
Plusieurs condamnations ont également été assorties d’amendes financières et de mesures de confiscation de biens.
Trois acquittements majeurs
Parmi les décisions marquantes figurent trois acquittements :
- Noureddine Boutar, directeur de Mosaïque FM
- Lazhar Akremi, avocat et ancien secrétaire d’État
- Hattab Slama, présenté par sa défense comme un citoyen impliqué par erreur
Des peines revues à la hausse ou à la baisse
Du côté des personnalités politiques, les décisions ont été jugées mitigées.
Les peines ont été portées de 18 à 20 ans pour Jaouhar Ben Mbarek, Ghazi Chaouachi, Ridha Belhaj, Issam Chebbi et Chayma Issa, cette dernière étant également condamnée à une amende de 50 mille dinars et au gel de ses avoirs.
Certaines peines ont été réduites, notamment :
- Abdelhamid Jelassi : de 13 à 10 ans
- Ayachi Hammami : de 8 à 5 ans avec deux ans de surveillance administrative
- Ahmed Néjib Chebbi : de 18 à 12 ans
- Kamel Letaief : de 66 à 45 ans
- Khayem Turki : de 48 à 35 ans avec amende de 100 mille dinars et gel des avoirs
- Noureddine Bhiri : de 43 à 20 ans
- Ridha Charfeddine : de 16 à 2 ans avec trois mois de surveillance administrative
- Sahbi Attig : de 13 à 10 ans
- Said Ferjani : de 13 à 10 ans
D’autres décisions ont été aggravées, notamment pour Chokri Bahria (14 ans) et Mohamed Hamdi (17 ans avec amende de 20 mille dinars). Karim Guellaty a vu sa peine portée à 35 ans, assortie d’une amende de 50 mille dinars et de cinq ans de surveillance administrative.
Les peines de première instance ont été maintenues pour Kamel Bedoui et Mohamed Bedoui, condamnés chacun à 13 ans de prison.
Enfin, la cour a confirmé les peines de 33 ans de prison avec exécution immédiate pour la majorité des accusés en fuite.
Appel à une marche nationale
Dans ce contexte, la Coordination des familles des détenus politiques qualifie l’affaire de symbole de « dossiers fabriqués » et d’utilisation politique de la justice, dénonçant ce qu’elle considère comme une atteinte aux libertés et aux acquis de la révolution.
La coordination appelle ainsi les citoyens à participer à une marche prévue samedi 14 février à 15 heures, au départ de la place du Passage, afin de réclamer la libération des détenus politiques et, selon les termes du texte, « la libération du pays ».
M.B.Z














