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Quand la loi parle : ce que risquent les auteurs d’agressions sexuelles sur enfants

L’affaire de l’agression sexuelle d’un enfant de trois ans au sein d’une garderie a suscité une vive émotion dans l’opinion publique, notamment après la diffusion du témoignage de la mère. À ce stade, il convient toutefois de rappeler qu’il s’agit de faits faisant l’objet d’une enquête judiciaire en cours, et que les responsabilités ne peuvent être établies qu’au terme des investigations.

Selon les informations rendues publiques, les autorités sécuritaires et judiciaires ont été saisies dès le signalement. Des procédures administratives et pénales auraient été engagées afin de déterminer les responsabilités et d’identifier toute personne ou structure susceptible d’être liée aux faits. Les investigations se poursuivent, notamment à travers des auditions, des expertises médicales et l’analyse des différents éléments disponibles.

Dans ce type d’affaires, la qualification pénale dépend des conclusions de l’enquête, des examens médicaux, des témoignages et des éléments techniques recueillis. Le droit tunisien prévoit plusieurs infractions couvrant les agressions à caractère sexuel, y compris lorsqu’il s’agit de tentatives ou d’actes commis sans pénétration.

Le Code pénal sanctionne d’abord le harcèlement sexuel à l’article 226 ter. Celui-ci est défini comme toute atteinte, par actes, paroles ou gestes à connotation sexuelle, portant atteinte à la dignité ou à la pudeur de la victime, notamment lorsqu’il existe une pression ou un abus d’autorité. La peine de base est de deux ans d’emprisonnement et cinq mille dinars d’amende. Elle peut être aggravée lorsque la victime est un enfant, lorsque l’auteur exerce une autorité sur elle ou lorsqu’il exploite une situation de vulnérabilité.

Lorsque les faits relèvent d’une agression plus grave, la qualification peut relever de l’article 227 relatif au viol, défini comme tout acte d’ordre sexuel comportant une pénétration, quelle que soit sa nature, commis sans consentement. La peine encourue est de vingt ans de prison, portée à la réclusion à perpétuité lorsque la victime est un enfant de moins de seize ans, ou en cas de violence, menace, usage d’arme ou recours à des substances.

En dehors du viol, la loi tunisienne incrimine également les atteintes sexuelles sur mineurs. L’article 227 bis punit les actes sexuels commis sur un mineur, y compris en l’absence de violence caractérisée, avec des peines aggravées lorsque l’auteur est en position d’autorité, comme un encadrant, un éducateur ou un responsable d’établissement.

La tentative est expressément punissable, ce qui signifie que des actes commencés mais non aboutis peuvent, selon les circonstances et les éléments établis par l’enquête, entraîner des poursuites et des sanctions pénales.

De manière générale, les infractions sexuelles commises contre des enfants constituent des circonstances aggravantes en droit tunisien. La minorité de la victime, le lien d’autorité, l’abus de fonction ou la vulnérabilité renforcent les peines encourues.

R.A.

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