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Ahmed Souab : audience reportée et rejet de la demande de libération

Par Myriam Ben Zineb

La justice a décidé de reporter l’audience concernant l’avocat et ancien magistrat Ahmed Souab au 23 février 2026, tout en rejetant la demande de libération déposée par sa défense.

Ce développement intervient alors que l’affaire continue de susciter des réactions de la part d’organisations nationales et internationales de défense des droits humains, dont Amnesty International, qui appelle à l’annulation de sa condamnation et à sa libération immédiate et sans condition.

Une audience d’appel repoussée

Ahmed Souab devait initialement comparaître le 12 février 2026 devant la Cour d’appel de Tunis, après plusieurs mois sans avancée notable dans son dossier judiciaire.

La fixation de cette audience était intervenue après une longue période durant laquelle ses proches et son comité de défense avaient dénoncé les lenteurs entourant l’examen du dossier. Sa famille avait récemment alerté sur la dégradation de son état de santé et appelé à accélérer la procédure.

Le report au 23 février s’accompagne du rejet de la demande de mise en liberté, maintenant l’avocat en détention.

Une condamnation contestée

Le 31 octobre 2025, Ahmed Souab avait été condamné à cinq ans de prison ferme assortis de trois ans de surveillance administrative par la chambre criminelle spécialisée du pôle judiciaire antiterroriste.

Le verdict avait été rendu à l’issue d’une audience vivement critiquée par la défense et par plusieurs organisations de la société civile. Le comité de défense avait dénoncé des conditions de procès inéquitables, évoquant notamment le refus de l’accusé de comparaître par visioconférence, une audience jugée expéditive ainsi que l’impossibilité pour ses avocats de plaider.

Des poursuites liées à des déclarations dans l’affaire de complot

L’ancien magistrat est poursuivi pour « incitation à commettre un acte terroriste » et « atteinte à la sûreté intérieure de l’État », à la suite d’une déclaration faite en marge du procès en première instance de l’affaire dite de complot contre la sûreté de l’État.

Lors de cette déclaration, Ahmed Souab avait utilisé l’image métaphorique d’un « couteau sous la gorge » pour décrire la pression exercée sur les juges. Cette formulation a été interprétée par l’accusation comme une menace, une lecture que contestent de nombreux avocats et magistrats indépendants.

Amnesty appelle à sa libération et à une mobilisation internationale

Dans un communiqué publié à la veille de l’audience, Amnesty International a estimé que la condamnation d’Ahmed Souab serait liée à son travail d’avocat et à l’exercice de sa liberté d’expression. L’organisation a également évoqué un procès manifestement inéquitable et s’est inquiétée de la dégradation de son état de santé en détention.

L’organisation a également appelé à une mobilisation internationale, invitant notamment à adresser des lettres aux autorités tunisiennes pour demander l’annulation de la condamnation et la libération immédiate d’Ahmed Souab.

Des appels persistants à sa libération

Depuis sa condamnation, plusieurs organisations de défense des droits humains qualifient la procédure de procès politique et appellent à sa libération, dans un contexte plus large de préoccupations liées aux poursuites visant des voix critiques, notamment des avocats et défenseurs des droits humains.

M.B.Z

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