Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Le Parlement lance un audit sur tous les prêts approuvés depuis 2023

Par Imen Nouira

Depuis 2023, des centaines de millions d’euros de prêts ont été approuvés par le Parlement tunisien. Face aux interrogations sur leur efficacité et leur impact réel, la Commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a décidé jeudi 12 février 2026 de passer ces crédits au crible en lançant un audit complet, couvrant notamment les secteurs de la santé, des infrastructures et de l’éducation. Cette décision a été confirmée par le président de la commission, Maher Ketari, dans une déclaration à Wajih Nemer, relayée lors de l’émission Yahdouthou Fi Tounes animée par Lilia Housseini sur la Radio nationale.

Audit et suivi des crédits approuvés

« La commission a décidé de procéder à des opérations de contrôle et de vérification sur les prêts approuvés depuis l’année 2023 jusqu’à aujourd’hui », a déclaré M. Ketari. « Nous avons commencé à recenser tous les projets validés pendant cette période pour organiser des visites sur le terrain et vérifier la manière dont les crédits ont été dépensés et investis dans les différents secteurs. »

Selon le député, les domaines concernés par ce suivi sont vastes et incluent notamment l’éducation, les infrastructures ferroviaires et de phosphate, l’assainissement, ainsi que le secteur de la santé. « Nous voulons nous assurer que les fonds alloués atteignent les projets pour lesquels ils ont été approuvés et que leur utilisation correspond aux objectifs de développement fixés par l’État », a ajouté Maher Ketari.

70% à 75% des prêts dirigés vers l’infrastructure

Répondant aux critiques sur le volume des prêts accordés, Maher Ketari a précisé que « près de 70% à 75% des prêts approuvés par l’ARP depuis 2023 ont été destinés à des projets d’investissement et de développement, en particulier dans les infrastructures publiques. » Cette proportion inclut des projets de modernisation des hôpitaux régionaux et locaux, de rénovation des réseaux ferroviaires, de soutien aux silos à grains et de renforcement de l’assainissement.

Deux prêts phares pour le secteur de la santé

Lors de la séance publique du jour, la commission a examiné deux projets de loi relatifs à des prêts accordés dans le cadre d’accords avec l’Agence française de développement (AFD) :

  1. Premier prêt : 76 millions d’euros :
    • Objet : Modernisation des services de santé dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, notamment l’extension de l’hôpital régional et l’augmentation de sa capacité d’accueil.
    • Autres bénéficiaires : les hôpitaux locaux de Meknassi et de Regueb, qui seront reclassés en établissements de santé régionaux de catégorie D.
    • M. Ketari a expliqué : « L’objectif est de rapprocher les services de santé des citoyens des régions intérieures et du Sud, où l’accès aux soins était insuffisant. Ce prêt permettra également de soutenir les équipements et la réhabilitation des infrastructures hospitalières locales. »
  2. Deuxième prêt : 27,3 millions d’euros :
    • Objet : Financer le programme de santé électronique (e-santé) pour améliorer l’efficacité et la coordination entre les établissements hospitaliers.
    • Détails : le projet vise à créer des dossiers médicaux centralisés et numériques, accessibles à distance par tous les hôpitaux du pays, permettant la prise de rendez-vous, le suivi des analyses, scanners et autres examens sans que les patients aient à se déplacer inutilement.
    • M. Ketari a précisé : « Ce programme permettra que chaque examen, scanner ou analyse soit disponible dans le dossier numérique du patient, quel que soit l’établissement où il se trouve. Cela réduira considérablement les déplacements et les délais pour les patients. »
Une réponse aux critiques sur le financement par emprunt

La décision de mener ces audits intervient dans un contexte où certains observateurs critiquent l’ARP pour l’approbation d’un nombre important de prêts. Le président de la commission a répondu : « La majorité des prêts approuvés servent à l’investissement et au développement. Même s’il s’agit de financement par emprunt, il est destiné à des projets qui renforcent notre infrastructure et améliorent les services publics essentiels. »

Une démarche méthodique

La Commission des finances prévoit un processus structuré de suivi :

  • Recensement de tous les projets financés par les prêts depuis 2023.
  • Organisation de visites sur le terrain pour constater l’état réel des projets.
  • Vérification de la conformité des dépenses par rapport aux objectifs fixés.

« Nous allons examiner tous les prêts, qu’ils concernent l’éducation, les infrastructures ferroviaires, le secteur de la santé ou encore les programmes d’assainissement. L’audit sera complet et permettra de s’assurer que l’argent public est utilisé de manière efficace et transparente », a souligné Maher Ketari.

Vers plus de transparence et d’efficacité

En insistant sur la portée de cette démarche, M. Ketari a ajouté que ces opérations permettront de limiter les abus et d’améliorer la planification des projets futurs. Il a également rappelé que les audits viseront à identifier les lacunes éventuelles dans l’exécution des projets, comme des retards, un manque de spécialistes ou des insuffisances matérielles dans les établissements publics.

Un signal fort pour l’opinion publique

Cette initiative de la Commission des finances constitue un signal fort adressé à la société civile et aux citoyens : la transparence dans la gestion des prêts publics et la vérification de leur impact réel sur le développement économique et social du pays sont des priorités.

En conclusion, la décision de la Commission des finances de l’ARP de suivre et auditer les prêts approuvés depuis 2023 témoigne d’une volonté de contrôle rigoureux de l’utilisation des fonds publics, en particulier dans les secteurs stratégiques comme la santé, les infrastructures et l’éducation. Les prochaines semaines devraient révéler les résultats de cette première phase de vérification sur le terrain, offrant un aperçu concret de l’efficacité des crédits votés par le Parlement.

I.N.

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Contenus Sponsorisés