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Désinformation : Ennahdha n’a pas été dissous et ses dirigeants n’ont pas écopé de 1.400 ans de prison

Une information largement relayée ces derniers jours sur Facebook, accompagnée d’une vidéo virale, affirme que le parti Ennahdha aurait été officiellement dissous et que plusieurs de ses dirigeants auraient été condamnés à un total de « 1.400 ans de prison ». La publication cite nommément plusieurs figures du mouvement, provoquant de vives réactions entre internautes choqués, sceptiques ou cherchant à vérifier la véracité de l’annonce.

Une intox vérifiée

La vérification de cette allégation montre qu’il s’agit d’une désinformation. Aucune décision judiciaire annonçant la dissolution officielle du parti n’a été publiée. BN Check a contacté une source du parti qui a démenti l’information. Aucun média tunisien crédible ni agence de presse internationale n’a rapporté de verdict collectif prononçant des peines aussi massives contre la direction du mouvement.

Les noms cités et la réalité judiciaire

La rumeur cite notamment Rached Ghannouchi, Ali Larayedh, Noureddine Bhiri, Rafik Abdessalem, Mouadh Ghannouchi, Habib Ellouze, Lotfi Zitoun et Soumaya Ghannouchi. Si certains responsables d’Ennahdha font ou ont fait l’objet de poursuites ou de procédures judiciaires distinctes, aucune source officielle ne confirme des condamnations cumulées atteignant 1.400 ans de prison, chiffre manifestement exagéré.

Voici le détail des condamnations :

• Rached Ghannouchi, chef du mouvement Ennahdha, est incarcéré depuis avril 2023 et fait l’objet de plusieurs procédures judiciaires distinctes. Dans l’affaire dite « Instalingo », une cour d’appel a confirmé en janvier 2026 une peine de 22 ans de prison. D’autres décisions antérieures existent, dont une condamnation à vingt ans dans l’affaire de « Complot 2 ».

• Ali Larayedh, ancien chef du gouvernement condamné à 34 ans de prison, est poursuivi notamment dans des dossiers liés à l’envoi de combattants vers des zones de conflit. Placé en détention préventive depuis 2022, il reste concerné par des procédures toujours en cours.

• Noureddine Bhiri, ancien ministre de la Justice, a été condamné à vingt ans de prison dans l’affaire de « complot contre la sûreté de l’État ».

• Rafik Abdessalem, ancien ministre des Affaires étrangères, a fait l’objet de condamnations dans certaines affaires, notamment liées à des financements étrangers. Plusieurs jugements ont été rendus par contumace, l’intéressé se trouvant à l’étranger lors de certains procès.

• Mouadh Ghannouchi, fils de Rached Ghannouchi, a été condamné à 35 ans de prison dans l’affaire Instalingo.

Pour Lotfi Zitoun et Soumaya Ghannouchi, aucune condamnation récente ou incarcération correspondant à la rumeur n’a été vérifiée.

Verdict BN Check : ❌ Faux

En résumé, aucune annonce officielle ne confirme la dissolution du parti ni l’existence de jugements cumulés de cette ampleur. L’information virale relève donc clairement de la désinformation.

R.A.

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