Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Mahdia : le cri d’une mère après le suicide de son fils, victime de harcèlement scolaire

Par Nadya Jennene

À Hebira, dans le gouvernorat de Mahdia, le silence a remplacé les rires d’un adolescent studieux et discret. Yassine Aïfa, élève de 15 ans en première année secondaire, est décédé après s’être immolé par le feu. Sa mère, effondrée, livre un témoignage bouleversant. Elle ne comprend pas. Elle cherche. Elle accuse le harcèlement scolaire d’avoir brisé son enfant.

« Ils l’ont poussé à s’enflammer », a-t-elle répété la voix nouée au micro de Hatem Ben Amara mercredi 18 février 2026 lors d’une intervention dans la matinale de Jawhara FM. Pour elle, il ne fait aucun doute que les moqueries répétées, les humiliations et l’indifférence ont fini par enfermer son fils dans une détresse silencieuse.

Yassine n’était ni malade ni instable. « On a dit qu’il était atteint d’autisme. C’est faux. Mon fils n’avait aucune maladie. Il était intelligent, il réussissait brillamment. » L’adolescent avait de bonnes notes. Il aimait l’école, aimait apprendre. « Il me disait : « Je veux étudier pour partir à l’étranger, pour réussir. » Son rêve était clair : poursuivre ses études, bâtir un avenir meilleur.

Pourtant, au lycée, le quotidien était devenu pesant. Selon sa mère, Yassine subissait des moqueries constantes. On raillait sa façon d’être, son apparence, son attitude réservée. « Ils le bousculaient, le dérangeaient en classe, le laissaient à l’écart dehors. Il n’était jamais tranquille », a affirmé la maman. 

L’adolescent évoquait parfois ces comportements à la maison, mais ses parents ne mesuraient pas l’ampleur du mal qu’on lui infligeait. « Il me disait que certains camarades se moquaient de lui. Il me parlait aussi d’un professeur qui ne l’écoutait pas. Mais jamais je n’aurais imaginé qu’il puisse en arriver là », a indiqué la maman. 

Le jour du drame, rien ne laissait présager l’irréparable. Yassine s’est levé comme à l’ordinaire, a pris son petit-déjeuner, puis est parti au lycée. « Il est sorti comme tous les jours. » Quelques heures plus tard, un appel glaçant : « Votre fils s’est brûlé. » Le geste a été commis dans la ferme familiale, dans un moment de solitude qui échappe encore à toute compréhension pour ses proches.

Convaincue que le harcèlement est à l’origine du drame, la mère a déposé une plainte et a demandé l’ouverture d’une enquête. Elle veut que la vérité soit établie, que les responsabilités soient situées, que justice soit rendue.

Dans son récit, elle a insisté sur le contraste entre l’image qui circulait après le drame et la réalité de son enfant. « On a essayé de dire qu’il avait des troubles. Non. Il allait bien. Il rentrait à la maison, mangeait, ouvrait ses livres et étudiait. Il aimait rester seul pour travailler. » Mais, selon sa mère, les brimades répétées ont fini par fissurer son équilibre.

Au-delà du drame individuel, ce témoignage ravive une question lancinante : celle du harcèlement dans les établissements scolaires. Moqueries banalisées, exclusions silencieuses, paroles blessantes — autant de violences invisibles qui, cumulées, peuvent devenir insupportables. 

N.J

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Contenus Sponsorisés

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *