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Rim Maaroufi : l’école ne peut réussir sa mission sans l’alliance effective des familles et de la société

Par Nadya Jennene

Invitée de la matinale de Jawhara FM, mercredi 18 février 2026, Rim Maaroufi, inspectrice principale de l’enseignement préparatoire et secondaire au ministère de l’Éducation, s’est exprimée sur les défis actuels de l’institution scolaire. Entre sécurisation des établissements, interdiction des téléphones portables et lutte contre la violence, elle a appelé à une mobilisation collective et à une redéfinition du partenariat avec les familles.

« Il faut cesser de se renvoyer la responsabilité », a-t-elle affirmé. Selon elle, les dérives observées dans certains établissements ne relèvent pas d’un acteur unique : la famille, l’école et l’environnement social sont coresponsables. L’école, a-t-elle rappelé, a pour mission de former les citoyens de demain. Or, cette mission ne peut être accomplie sans un partenariat solide avec les parents. 

Elle a déploré à ce titre certaines tensions dans la relation entre familles et cadres éducatifs. Des parents se présentent parfois sans rendez-vous et exigent de rencontrer un enseignant en pleine séance de cours. « On ne peut interrompre un professeur en plein exercice pour une entrevue improvisée », a-t-elle souligné. Une note ministérielle a ainsi rappelé la nécessité d’organiser les rencontres selon un calendrier préétabli, garantissant des échanges sereins et fructueux.

La question de la sécurisation des établissements figure également parmi les priorités. Les chefs d’établissement ont été invités à limiter les accès à une seule entrée contrôlée, à vérifier les identités des visiteurs et à renforcer la présence de surveillants, notamment aux heures d’affluence. « Les portes ne doivent pas rester ouvertes en permanence », a-t-elle affirmé évoquant des cas d’intrusions d’individus étrangers à la communauté scolaire.

Elle a précisé que des caméras de surveillance avaient été installées dans l’ensemble des collèges et lycées du pays, du nord au sud, même si certaines nécessitent parfois des opérations de maintenance. Le déploiement se poursuit progressivement dans les écoles primaires.

Parmi les décisions récentes, la responsable a évoqué l’interdiction des téléphones portables. « Le téléphone est devenu un problème en soi », a-t-elle déclaré déplorant les conflits nés sur les réseaux sociaux qui se prolongent dans l’enceinte scolaire, ainsi que la diffusion d’images portant atteinte à la dignité. Des sanctions disciplinaires peuvent être prononcées par les conseils de classe, voire aller jusqu’aux procédures légales en cas de manquements graves. L’usage pédagogique du téléphone reste toutefois possible sous la supervision de l’enseignant.

Autre phénomène préoccupant : les débordements lors des célébrations du baccalauréat, marquées ces dernières années par des accidents mortels, l’usage d’armes blanches et des interventions des forces de l’ordre. « Où sont les parents ? », s’est elle interrogée soulignant que la vigilance familiale est indispensable, notamment face aux signes de violence, d’addiction ou de décrochage.

À cet égard, Rim Maaroufi a insisté longuement sur un point qu’elle juge fondamental : le dialogue au sein de la famille. Selon elle, la culture de l’échange entre parents et enfants tend à s’effriter. « Beaucoup de parents ne savent plus ce que vit leur enfant au quotidien », a-t-elle signalé. Or, l’adolescence est traversée par des périodes de fragilité, parfois marquées par l’isolement, l’anxiété ou la tentation de conduites à risque.

Elle est aussi revenue sur la coopération avec le ministère de l’Intérieur pour sécuriser les abords des établissements, tout en rappelant l’ampleur du défi : plus de 6 400 institutions éducatives à travers le pays. Lors d’une récente conférence consacrée à la lutte contre la violence en milieu scolaire, quatorze ministères étaient représentés, preuve que la question dépasse le seul cadre éducatif.

La responsable a insisté dans ce même contexte sur la restauration de la valeur symbolique de l’enseignant. « Si le parent ne respecte pas le professeur, comment l’enfant le respectera-t-il ? », a-t-elle avancé notant que la critique reste légitime, mais elle doit s’exprimer dans un cadre respectueux.

Afin de renforcer le lien école-famille, elle a appelé à la mise en place de conseils d’établissement intégrant des représentants élus des parents. Ces derniers peuvent contribuer à l’amélioration du cadre de vie scolaire, participer à des campagnes de nettoyage ou à des actions solidaires, comme cela a été observé lors des inondations récentes.

Pour Rim Maaroufi, la coresponsabilité, le dialogue familial et la mobilisation de tous — éducation, culture, jeunesse, médias — est indispensable pour protéger l’école tunisienne et lui permettre d’accomplir pleinement sa mission.

N.J

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Commentaire

  1. Tunisino

    Répondre
    18 février 2026 | 13h29

    Noyer la responsabilité n’est pas la solution, il faut juste imposer la discipline.

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