Une violente explosion s’est produite, jeudi 19 février 2026, dans un appartement situé à Ksar Saïd (Bardo), provoquant d’importants dégâts matériels, l’évacuation d’un immeuble entier et semant la panique parmi les habitants, sans faire de victimes.
Invité vendredi 20 février 2026 au micro de Hatem Ben Amara dans l’émission Sbeh El Ward sur Jawhara FM, le député de la Cité Ettahrir et du Bardo, Dhafer Sghiri, vice-président de la Commission des finances et du budget à l’Assemblée des représentants du peuple, est revenu en détail sur les circonstances de l’incident. Il a également alerté sur l’état préoccupant du parc immobilier social et appelé à une politique préventive structurée.
Une forte déflagration entendue à plusieurs kilomètres
Selon les informations relayées par le député, l’explosion, particulièrement violente, a été entendue à plusieurs kilomètres à la ronde. Elle s’est produite dans un appartement des immeubles bâtis par la Société de promotion des logements sociaux (Sprols) à Ksar Saïd.
« Selon les données préliminaires, il n’y a pas eu de pertes humaines, et c’est le plus important », a-t-il souligné, précisant que les dégâts sont essentiellement matériels.
D’après les éléments évoqués, l’hypothèse privilégiée serait une importante fuite de gaz domestique, vraisemblablement du gaz de ville. L’appartement était vide au moment des faits. Toujours selon ces premières indications, l’occupant serait entré dans le logement, aurait ouvert la porte et possiblement actionné un interrupteur, déclenchant ainsi la déflagration en raison de l’accumulation de gaz. Le député a toutefois insisté sur la nécessité d’attendre les résultats officiels de l’enquête.
« Nous ne voulons pas anticiper les résultats de l’enquête officielle », a-t-il précisé.
Evacuation totale et relogement
L’explosion a causé d’importants dégâts dans l’appartement concerné, devenu inhabitable. Les logements adjacents ont également été touchés, notamment au niveau des façades et des balcons. L’immeuble a été entièrement évacué.
« L’intervention a été rapide et efficace. En quelques minutes, la protection civile était sur place et les habitants ont été sécurisés », a affirmé Dhafer Sghiri.
Selon lui, les résidents ont été relogés, certains chez des proches, tandis que l’État a pris en charge l’hébergement d’autres familles.
« La gestion immédiate de la crise a été bonne, mais cela ne suffit pas », a-t-il ajouté.
Un parc immobilier en dégradation
Au-delà de l’incident, le député a dressé un constat plus large sur l’état des immeubles de Ksar Saïd. Ces résidences, construites à la fin des années 1970 par la Société de promotion des logements sociaux (Sprols), étaient à l’origine gérées par cette même société.
Selon lui, le quartier bénéficiait à l’origine d’un entretien régulier et de standards satisfaisants. La situation aurait commencé à se dégrader à partir du milieu des années 1990, avec une détérioration notable en 2006, lorsque la gestion a été confiée à des syndics professionnels privés.
« L’expérience des syndics professionnels privés n’a pas donné les résultats escomptés, notamment en raison des difficultés de recouvrement des cotisations pour couvrir les charges », a-t-il expliqué.
Après 2011, la dégradation se serait accentuée, en raison d’un manque d’entretien des installations électriques, des réseaux de gaz et des parties communes. Le député a rappelé que des incidents similaires se produisent régulièrement.
116 immeubles et près de 8.000 habitants
Le quartier de Ksar Saïd comprend 116 immeubles, totalisant 1.740 appartements et abritant environ 8.000 habitants, selon les chiffres avancés par le député.
Il a mis en garde contre un risque structurel permanent si des mesures préventives ne sont pas engagées rapidement.
« À chaque accident, nous intervenons, nous dressons un rapport, puis nous revenons au même point. Il faut sortir de cette logique de réaction et mettre en place une véritable politique de prévention », a-t-il plaidé.
Appel à une politique préventive
Tout en reconnaissant que la responsabilité est partagée entre l’État, les syndics et les résidents, Dhafer Sghiri estime que le leadership doit revenir aux pouvoirs publics.
« La responsabilité est collective, mais c’est à l’État de fixer le cadre, de contrôler et d’imposer les règles », a-t-il affirmé.
Il a également rappelé que des ensembles similaires bâtis par la Sprols existent dans plusieurs quartiers du Grand Tunis, notamment au Bardo, à Ettahrir et à Rommana, ainsi que dans d’autres régions du pays.
En conclusion, le député a averti que l’absence de victimes dans cette explosion relève d’un concours de circonstances favorable et ne doit pas masquer les risques persistants liés à la vétusté des infrastructures.
I.N.










