La physicienne et intellectuelle tunisienne Faouzia Charfi, reconnue pour ses travaux scientifiques et ses essais engagés, revient avec un nouveau livre aux éditions Odile Jacob : « Lettre à mon petit-fils sur l’islam d’aujourd’hui ». Dans cet ouvrage, elle s’adresse non seulement à son petit-fils, mais également à la jeunesse tunisienne, pour les inviter à réfléchir sur des questions contemporaines liées à la religion, à la société et à la liberté individuelle.
Dans une vidéo publiée sur Youtube par son éditeur, Faouzia Charfi explique que ce livre s’inscrit dans la continuité de ses précédentes publications, dont La Science Voilée, Sacrées Questions et Islam et science (2021), où elle abordait déjà les rapports entre sciences, religions et histoire. Aujourd’hui, dit-elle, elle souhaite « amener les jeunes à comprendre l’autre, à le respecter, mais aussi à bien être conscient que le principe d’égalité, c’est ce qui va nous guider. »
La scientifique insiste sur l’importance de la liberté de pensée. « J’aimerais que les jeunes soient libres de penser, qu’ils soient capables de penser par eux-mêmes, mais aussi qu’ils puissent poursuivre leur questionnement sur les grands problèmes qui les concernent directement », confie-t-elle. Pour Charfi, la science est un modèle : « La science, c’est le questionnement. Une communauté scientifique qui partage cette envie de découvrir le monde sans préjugés, sans tabous. »
Au fil de ses pages, elle revient sur des enseignements personnels, en évoquant l’influence de son grand-père : « Fréquente les Juifs et les Chrétiens, ils ont beaucoup à t’apprendre. » Cette expérience, dit-elle, l’a conduite à penser que la religion ne doit pas séparer les individus et que la liberté de conscience reste fondamentale. Elle illustre cette conviction par des événements récents, évoquant notamment l’assassinat de Samuel Paty : « C’est insupportable de tuer quelqu’un parce qu’il a fait telle ou telle leçon. »
Charfi explore également la richesse historique et religieuse de la Tunisie. Elle souligne que Juifs, Chrétiens et Musulmans ont façonné le pays sur des milliers d’années, de la vieille synagogue de Djerba aux ruines chrétiennes et aux mosquées récentes. Selon elle, cette mémoire collective est essentielle pour comprendre l’importance de la séparation entre État et religion et pour promouvoir le respect et l’égalité : « J’essaie de démontrer, de donner des arguments pour dire aux jeunes, libérez-vous, soyez libres dans votre tête et défendez l’égalité, le respect de l’autre. »
À travers ce nouvel ouvrage, Faouzia Charfi propose donc une réflexion qui dépasse la simple transmission familiale. C’est un plaidoyer pour la liberté, le questionnement et le dialogue interculturel, des valeurs qu’elle considère indispensables pour faire face aux menaces de l’obscurantisme. Elle conclut son message avec une invitation forte : « Alors, avançons ensemble dans la liberté. »
N.J










