Dans le registre des idées qui font sourire autant qu’elles interrogent, Marouane Zayen, député au Conseil national des régions et des districts, a proposé sur les ondes de Diwan FM de sauver les caisses de l’État et lutter contre cette mauvaise habitude qu’ont les Tunisiens — le gaspillage du pain — en unifiant le prix du pain à 250 millimes.
Et pour aller jusqu’au bout de la logique, M. Zayen a proposé une miche unique de 300 grammes, faite à 80% de farine intégrale riche en fibres. Un concept révolutionnaire : tous les Tunisiens partageraient la même miche, dans un monde où le croquant de la baguette et la densité de la miche traditionnelle n’auront plus de place.
Dans une déclaration accordée à l’émission Ness Diwan, vendredi 20 février 2026, le député a indiqué que cette mesure audacieuse permettrait de réduire les gaspillages alimentaires et de stopper la « dilapidation des deniers publics » — l’État subventionnant actuellement le pain à hauteur de 900 millions de dinars par an.
Cette uniformisation ne vise pas qu’à simplifier votre petit-déjeuner. L’argent récupéré quand on aura ainsi mis fin au gaspillage serait reversé dans un fonds de souveraineté alimentaire pour soutenir les agriculteurs de blé dur, doter les familles défavorisées d’une carte intelligente de subvention et moderniser les boulangeries avec panneaux photovoltaïques et équipements dernier cri.
Comment contrôler la production d’une miche unique dans tout le pays ? Comment éviter la contrebande ou les différences de qualité entre boulangeries ? Et surtout, comment les consommateurs, attachés à leurs habitudes et à leurs goûts, seraient-ils convaincus d’adopter cette miche standard ? Autant de questions laissées en suspens, qui font de cette « idée révolutionnaire » un concept séduisant sur le papier… mais pour le moins flou dans la pratique.
N.J











2 commentaires
thoura58
Une seule solution et pas de miracle : annuler les subventions concernant uniquement le pain et réduire de moitié les subventions sur les autres articles couscous,pâtes et dérivé.
Roberto Di Camerino
« Comment contrôler la production d’une miche unique dans tout le pays ? Comment éviter la contrebande ou les différences de qualité entre boulangeries ? Et surtout, comment les consommateurs, attachés à leurs habitudes et à leurs gouts »
C’est simple , une revolution bolchevique, pour mettre tout le monde au pas.