Le jour de son 69e anniversaire, Ahmed Souab n’a pas soufflé de bougies. Il a craché du sang.
C’est son fils, Saeb Souab, qui a choisi cette date symbolique pour alerter l’opinion. Dans un message publié samedi sur sa page Facebook, il commence par un sobre « « Joyeux » anniversaire », avant de décrire une situation alarmante. « La toux d’Ahmed Souab s’est aggravée au point qu’il a craché du sang mercredi », écrit-il, précisant que l’intervention du cadre médical de la prison de la Mornaguia a été nécessaire.
Selon les informations relayées, l’administration pénitentiaire a autorisé, vendredi, l’introduction exceptionnelle d’un médicament, en raison de la dégradation de son état de santé. « Voilà l’état d’Ahmed Souab au 21 février 2026, jour de son 69e anniversaire, après plus de dix mois de prison », conclut son fils.
Condamné en première instance le 31 octobre 2025 à cinq ans de prison ferme, assortis de trois ans de surveillance administrative, par la chambre criminelle spécialisée du pôle judiciaire antiterroriste, Ahmed Souab est poursuivi pour « incitation à commettre un acte terroriste » et « atteinte à la sûreté intérieure de l’État », à la suite de déclarations publiques liées à l’affaire dite de complot contre la sûreté de l’État.
Ses avocats et plusieurs organisations dénoncent un procès inéquitable. Ils pointent notamment le refus d’une comparution par visioconférence et des conditions de plaidoirie jugées insatisfaisantes.
Lors de l’audience du 12 février 2026, son avocat, Me Sami Ben Ghazi, avait déjà exprimé de vives inquiétudes quant à l’état de santé de son client. Selon lui, l’état physique d’Ahmed Souab était apparu particulièrement préoccupant. Pris d’une toux persistante tout au long de la séance, il peinait par moments à reprendre son souffle.
L’avocat a également fait part de ses craintes quant à la capacité de son client à supporter les conditions de détention. Il a évoqué l’exiguïté des lieux, l’humidité ambiante et la dureté des conditions carcérales, qu’il estime susceptibles d’aggraver rapidement son état.
Plus de dix mois après son incarcération, l’inquiétude grandit. Et l’anniversaire d’Ahmed Souab aura eu, cette année, un goût amer.

N.J












