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Automobile : le marché parallèle capte 30% des ventes et menace tout le secteur, alerte Ibrahim Debache

Par Myriam Ben Zineb

Le président de la Chambre syndicale des concessionnaires automobiles, Ibrahim Debache, a tiré la sonnette d’alarme, lundi 23 février 2026 sur Express FM au micro de Myriam Belkadhi, face à l’expansion rapide du marché parallèle des véhicules en Tunisie, qu’il considère comme un risque majeur pour l’équilibre du secteur.

Un tiers du marché hors circuit officiel

Selon lui, les chiffres récents confirment l’ampleur du phénomène. En 2025, le total des immatriculations a atteint environ 93.000 véhicules, dont plus de 29.000 proviennent du circuit informel, soit près de 30% du marché. À titre de comparaison, les 45 concessionnaires officiels opérant dans le pays vendent ensemble moins de 60.000 voitures.

La tendance se poursuit en 2026 : rien qu’en janvier, près de 2500 voitures issues du marché parallèle ont été enregistrées, traduisant une progression annuelle estimée à 25%.

Le système de quotas pointé du doigt

Pour Ibrahim Debache, la principale cause réside dans le plafond d’importation fixé à 50.000 véhicules pour les opérateurs officiels. Ce quota reste inchangé malgré l’augmentation du nombre de concessionnaires et l’élargissement de l’offre de marques.

Dans ces conditions, explique-t-il, la demande réelle dépasse largement l’offre réglementée, ce qui pousse naturellement les consommateurs vers les circuits parallèles pour obtenir un véhicule.

Fiscalité lourde et concurrence asymétrique

Le responsable souligne également l’écart de traitement entre acteurs formels et informels. Les concessionnaires, dit-il, supportent une pression fiscale élevée, les taxes pouvant représenter jusqu’à la moitié du prix final d’un véhicule. Ils sont en outre soumis à de nombreuses obligations : réseau national, service après-vente, disponibilité des pièces, procédures d’homologation pouvant nécessiter jusqu’à onze étapes administratives.

À l’inverse, affirme-t-il, certaines voitures importées via des circuits parallèles peuvent entrer sur le territoire en quelques jours seulement.

FCR, occasion et incohérences politiques

Le président de la chambre syndicale distingue toutefois le régime FCR — qu’il considère légitime pour les Tunisiens de l’étranger — de son utilisation commerciale détournée. Il estime que l’absence de contrôle strict favorise une véritable économie parallèle.

Il relève aussi une contradiction dans la stratégie publique : alors que l’État encourage officiellement les véhicules électriques et moins polluants, l’importation informelle de voitures d’occasion plus anciennes accroît la consommation énergétique et les émissions.

Un manque à gagner de plusieurs milliards

Au-delà des déséquilibres du marché, Ibrahim Debache avance un chiffre : l’économie parallèle automobile ferait perdre environ 2,6 milliards de dinars par an aux finances publiques.

Il appelle ainsi à une révision globale des politiques fiscales et réglementaires, estimant qu’une réforme pourrait à la fois réduire les prix pour les consommateurs, soutenir l’investissement industriel local et préserver l’emploi dans la filière.

M.B.Z

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2 commentaires

  1. HatemC

    Répondre
    23 février 2026 | 16h37

    Entre monopole des concessionnaires et droits des citoyens

    L’analyse de la situation actuelle du marché automobile en Tunisie révèle un système à bout de souffle, où les intérêts corporatistes se heurtent à la réalité économique des ménages.

    Si l’article présente les concessionnaires comme des victimes, il omet une part de leur responsabilité. Le succès du circuit informel ne repose pas uniquement sur un manque d’offre, mais sur les marges élevées et les délais de livraison excessifs pratiqués par les réseaux officiels. Pour une classe moyenne tunisienne face à un véhicule neuf devenu inaccessible, le marché parallèle — notamment l’occasion — n’est plus un choix, mais une nécessité pour accéder à la mobilité.

    Le régime FCR est bien plus qu’une simple ligne budgétaire …. c’est un acquis social fondamental pour la diaspora tunisienne.
    – La vision des citoyens : Je défends ici le droit individuel et la liberté de chaque Tunisien résidant à l’étranger de disposer de son avantage comme il l’entend.
    – La vision syndicale : À l’inverse, M. Debache adopte une posture corporatiste. Pointer du doigt le « détournement » du FCR peut être interprété comme une tentative de restaurer un monopole total afin d’imposer des prix sans concurrence.

    Le véritable problème n’est pas le citoyen qui monétise son droit au FCR, mais l’incapacité de l’État à garantir un accès abordable au véhicule neuf. Tant que le circuit officiel restera déconnecté du pouvoir d’achat réel, le marché parallèle restera l’unique soupape de sécurité de la classe moyenne…. HC

  2. Judili58

    Répondre
    23 février 2026 | 16h31

    Toujours le même discours !! Pour les concessionnaires auto il faut interdire le FCR et les laisser imposer leur loi sur le marché. Leur discours est plein de contradictions ils incriminent la fiscalité exagérée sur les voitures qu’ils vendent alors que ce ne sont pas eux qui la payent le tunisien n’achète pas les voitures en hors taxes. Pire la marge bénéficiaire des concessionnaires est calculée sur un prix taxes comprises. Les concessionnaires incriminent le système de quotas dans un pays où le déficit de la balance commerciale est équivalent aux transferts des TRE et aux revenus du tourisme devant pareille situation il est nécessaire de prioriser les importations. Les hydrocarbures, les céréales , les médicaments pour ne citer que ceux la passent avant les voitures. Quant au manque à gagner fiscal dont parle ce monsieur et qui serait du à l’importation de véhicules par les TRE ceci est faux. La mise à la consommation des véhicules importées par les TRE a ramené aux caisses de l’état près de 3 milliards de dinars près de 20 fois plus que l’impôt sur les sociétés que payent les concessionnaires. Il faut arrêter de diffuser des contre vérité et de jouer aux victimes. Les concessionnaires auto veulent un monopole total sur le marché et ne permettre aucun choix au consommateur sauf celui de se plier à leur diktat.

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