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Cash record à 27,5 milliards : Ridha Chkoundali dénonce des lois « non étudiées » et interpelle le parlement

Par Imen Nouira

La barre des 27,5 milliards de dinars en circulation à peine franchie, les réactions n’ont pas tardé. Mardi 24 février 2026, l’économiste Ridha Chkoundali a vivement critiqué, dans une publication sur sa page Facebook, les choix législatifs récents qu’il tient pour responsables de l’explosion du cash en Tunisie. Réforme des chèques, facturation électronique, suppression du plafond des paiements en espèces : pour l’universitaire, ces mesures ont contribué à un déséquilibre préoccupant du circuit monétaire et fragilisent à la fois les banques et les finances publiques.

« Des lois non étudiées » à l’origine de l’emballement

Dans son message, l’universitaire estime que certaines lois adoptées récemment ont provoqué « l’emballement de la masse monétaire » et un regain massif des transactions en espèces, pour un montant qu’il qualifie de « colossal » : 27,5 milliards de dinars.

« Deux lois non étudiées ont été la cause principale de l’emballement de la masse monétaire et du regain des transactions en espèces en dehors des circuits organisés, pour un montant colossal de 27,5 milliards de dinars : la nouvelle loi sur les chèques et la facturation électronique, en plus de la suppression de la loi interdisant les paiements en espèces au-delà de 5.000 dinars. Le plus grand perdant est la trésorerie de l’État. »

Selon lui, ces mesures législatives ont favorisé un retour massif au cash, réduisant l’efficacité des instruments de paiement traçables.

Risques pour la liquidité bancaire

L’économiste met également en garde contre les répercussions sur le système bancaire. La circulation accrue du cash hors des banques diminue la liquidité disponible pour le financement de l’économie.

« Le recul de la liquidité dans les banques réduit leur rôle naturel, qui est de financer le secteur privé. »

Moins de liquidités signifie concrètement une capacité de crédit réduite pour les entreprises et les ménages, ce qui pourrait peser sur l’investissement et la croissance.

Un appel au Parlement

Dans son post, Ridha Chkoundali appelle explicitement le parlement à revoir certaines dispositions adoptées récemment.

« Des lois non étudiées ramènent l’économie tunisienne en arrière. Le parlement doit réviser certaines de ses lois avant qu’une catastrophe ne se produise. »

Cette prise de position intervient alors que le débat se poursuit sur les effets réels de la réforme des moyens de paiement et sur la limitation du recours aux chèques.

Rappel des chiffres : un record historique

Cinq jours après le début du mois sacré, la circulation des espèces a atteint un niveau record, accentué par la nouvelle loi sur les chèques, qui limite à la fois leur nombre et leur montant.

Le lundi 23 février 2026, le montant des billets et pièces en circulation a franchi la barre des 27,5 milliards de dinars, contre 22,987 milliards un an auparavant, selon les chiffres publiés par la Banque centrale de Tunisie (BCT) mardi 24 février 2026. Cette hausse de 4,513 milliards de dinars représente une progression de 19,63% par rapport à la même période en 2025.

Ce boom des espèces s’inscrit dans un contexte où le chèque, autrefois dominant parmi les moyens de paiement télécompensés, perd progressivement du terrain. Selon le bulletin « Des paiements en chiffres en Tunisie » pour l’année 2025 publié par la BCT, le chèque ne représente plus que 24,5% des montants et 13,5% du nombre des paiements télécompensés.

Le nombre de chèques télécompensés a chuté de 67,5%, passant de 24,5 millions fin 2024 à 7,9 millions fin 2025, tandis que leur montant total a diminué de 58,8%, pour s’établir à 53,48 milliards de dinars contre 129,67 milliards fin 2024.

Cette évolution, combinée à la suppression depuis octobre 2024 de l’obligation de justifier l’origine des sommes importantes en espèces, contribue à renforcer le recours au cash, particulièrement lors des périodes de forte consommation comme le ramadan.

I.N.

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