Le tribunal de première instance de Gabès a rendu son verdict, jeudi 26 février 2026, dans l’affaire portant sur la demande de suspension des activités des unités polluantes du Complexe chimique tunisien.
La juridiction a rejeté la requête, estimant que le dommage allégué n’était pas suffisamment établi, selon l’avocat Mounir Adouni, président de la section régionale des avocats de Gabès.
Dans une déclaration aux radios locales, il a précisé que ce jugement ferait l’objet d’un appel. Il a également indiqué que, si nécessaire, une nouvelle action judiciaire pourrait être engagée pour traiter cette question.
Une bataille judiciaire relancée
Cette décision intervient dans un contexte de préoccupations environnementales croissantes autour du Complexe chimique tunisien.
Le barreau régional de Gabès avait saisi le tribunal dans le cadre d’une procédure d’urgence afin de demander la suspension de l’activité des unités industrielles identifiées comme sources de pollution, considérées comme dangereuses pour la santé publique. Les avocats ont mis en avant la détérioration technique des installations et la production d’émissions gazeuses nocives.
Une mobilisation citoyenne persistante
Depuis plusieurs années, les habitants de Gabès signalent des émanations de gaz suffocantes provenant du GCT, affectant l’ensemble de la population. Les enfants sont particulièrement exposés, notamment au collège de Chatt Essalem, déjà confronté à plusieurs incidents d’intoxication. Ces épisodes ont nécessité des prises en charge dans les établissements scolaires et les structures hospitalières pour difficultés respiratoires.
Les organisations de la société civile dénoncent un « écocide silencieux », accusant l’État de ne pas avoir respecté ses engagements en matière de mise aux normes ou de fermeture des unités les plus dangereuses.
L’inquiétude de la population s’est traduite par des manifestations répétées, dont une grève générale régionale le 21 octobre 2025, ayant mobilisé entre 40.000 et 45.000 citoyens devant le siège de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) à Gabès. Les manifestants réclament un air sain, dénoncent les atteintes à la santé publique et exigent le démantèlement des unités polluantes.
N.J












