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Hausse des prix du poisson : les intermédiaires pointés du doigt par l’Utap

Par Nadya Jennene

Invité vendredi 27 février 2026 de la matinale de Jawhara FM, Salah Hedidra, responsable de la pêche au sein de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (Utap), est revenu sur la flambée des prix du poisson observée ces derniers jours. Face aux interrogations croissantes des consommateurs, il a tenu à expliquer les mécanismes de cette hausse, tout en défendant l’idée d’un boycott ciblé comme levier de régulation du marché.

Selon Salah Hedidra, les pêcheurs ne sont pas les principaux responsables de l’augmentation des prix. Il a pointé du doigt le rôle des intermédiaires, affirmant que le poisson n’est pas vendu directement par les marins aux consommateurs, mais transite par plusieurs acteurs qui appliquent leurs propres marges.

Il a également évoqué des facteurs conjoncturels, notamment les conditions climatiques défavorables ayant réduit temporairement les sorties en mer. « Durant deux jours, la mer était impraticable », a-t-il précisé, soulignant que l’amélioration récente du temps a permis une reprise normale de l’activité et un retour progressif de l’abondance sur les étals.

Interrogé sur certains prix jugés exorbitants, Salah Hedidra a cité le cas du mérou, une variété particulièrement prisée. Selon lui, le prix à la première vente, sur les quais, oscille entre 50 et 60 dinars le kilo. Or, ce même produit pouvait atteindre 90, voire 100 dinars le kilo chez certains détaillants. Un écart qu’il juge injustifiable et révélateur d’une spéculation excessive. 

Cela dit, selon le responsable, le marché est déjà en train de s’ajuster. Avec l’amélioration des conditions météorologiques et le retour des bateaux en mer, l’offre devrait se stabiliser, voire s’accroître, ce qui pourrait contribuer à une détente des prix.

Salah Hedidra s’est, par ailleurs, dit favorable au principe du boycott lorsqu’un produit connaît une hausse jugée abusive. « Le boycott est une bonne chose », a-t-il affirmé, estimant qu’il constitue un moyen efficace de contraindre les spéculateurs à revoir leurs prix.

Il a rappelé que le poisson est une denrée périssable, qui ne peut être stockée longtemps. Ainsi, une baisse de la demande, même sur une courte période, peut entraîner un ajustement rapide des prix. Il a d’ailleurs évoqué des exemples récents observés sur les marchés, où certains produits — le poulpe entre autres — ont vu leur prix passer en quelques heures de 54 dinars à 48, puis à 41 ou 42 dinars sous l’effet d’un ralentissement des achats.

Le responsable de l’Utap a invité les consommateurs à diversifier leurs choix. Il a notamment mentionné la sardine, actuellement abondante et proposée entre 11 et 12 dinars le kilo, après avoir atteint des niveaux plus élevés. Il a également cité d’autres espèces dont les prix varient en fonction de la taille et de la qualité, tout en appelant à comparer les tarifs et à ne pas céder à la précipitation.

Selon lui, la ruée des clients vers certains produits contribue parfois à alimenter la spéculation. « Lorsque tout le monde se précipite pour acheter le même poisson, cela favorise la hausse », a-t-il expliqué, appelant à un comportement d’achat plus rationnel.

N.J

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