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Affaire des réseaux d’embrigadement : la justice tunisienne révise les peines, de trois à 28 ans de prison

Par Imen Nouira

La chambre criminelle n°27, spécialisée dans les affaires de terrorisme auprès de la Cour d’appel de Tunis, a rendu, tard dans la nuit du jeudi au vendredi 27 février 2026, son verdict dans l’affaire dite des réseaux d’embrigadement, relative à la facilitation des départs vers des zones de conflits armés à des fins djihadistes.

Selon une source judiciaire citée par l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP), les peines prononcées en appel, allant de trois à 28 ans de prison, marquent une révision notable par rapport aux jugements de première instance rendus en mai 2025, qui s’échelonnaient entre 18 et 36 ans, assortis de mesures complémentaires, et concernent plusieurs figures politiques et sécuritaires de premier plan.

Des peines revues en appel

Parmi les principaux condamnés figure Ali Laarayedh, ancien ministre de l’Intérieur et ancien chef du gouvernement, condamné en appel à 24 ans de prison, contre 34 ans en première instance.

La cour a également condamné :

  • Fethi Beldi à 22 ans de prison (contre 26 ans en première instance) ;
  • Abdelkarim Laâbidi, ancien chef de la brigade de protection des avions, à 22 ans (contre 26 ans) ;
  • Noureddine Gandouz à 28 ans (contre 36 ans) ;
  • Lotfi Hamami à 24 ans (contre 28 ans) ;
  • Hichem Saâdi à 24 ans (contre 36 ans) ;
  • Sami Chaâr à six ans (contre 18 ans) ;
  • Seifeddine Raïs, ancien porte-parole de l’organisation interdite Ansar Al Chariâa, à trois ans (contre 24 ans en première instance).

La juridiction a, en outre, ordonné le placement de l’ensemble des condamnés sous contrôle administratif pour une durée de cinq ans, à compter de l’exécution ou de l’extinction de leur peine. Une exception a toutefois été faite pour Sami Chaâr et Seifeddine Raïs, soumis à une mesure de contrôle administratif de deux ans.

Un dossier à forte dimension politique et sécuritaire

L’affaire concerne huit accusés détenus, poursuivis pour une série d’infractions à caractère terroriste, notamment : constitution d’une entente terroriste, mise à disposition de compétences au profit d’une organisation terroriste, adhésion volontaire sur le territoire national à une organisation terroriste, utilisation du territoire tunisien pour recruter et envoyer des individus à l’étranger en vue de commettre des actes terroristes, financement de voyages à des fins terroristes, ainsi qu’incitation au départ vers des zones de conflits.

Outre les personnalités déjà condamnées, le dossier, selon les éléments de l’enquête, s’inscrit dans une procédure d’envergure nationale impliquant plus de 800 personnes à divers niveaux. Parmi les figures citées dans le cadre de cette affaire figure également l’ancien président de la République Moncef Marzouki.

Les investigations ont porté sur des réseaux soupçonnés d’avoir recruté et facilité le départ de jeunes Tunisiens vers des zones de tensions et de conflits armés, notamment au cours de la période marquée par la montée en puissance de groupes djihadistes dans la région.

Rappel des jugements de première instance

Les peines prononcées en première instance, en mai 2025, avaient été particulièrement sévères, allant de 18 à 36 années d’emprisonnement, avec soumission de l’ensemble des condamnés à cinq ans de contrôle administratif.

En appel, la chambre criminelle spécialisée a donc revu à la baisse plusieurs condamnations, tout en maintenant des peines lourdes pour les principaux accusés, dont certaines atteignent encore 28 ans de réclusion.

Ce verdict marque une nouvelle étape judiciaire dans l’un des dossiers les plus sensibles de la dernière décennie en Tunisie, à la croisée des enjeux sécuritaires, politiques et institutionnels.

I.N.

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