Un bras de fer oppose des représentants élus de la région de Nabeul à l’autorité régionale. Plusieurs membres des conseils locaux et régionaux ainsi que le député du deuxième district pour le gouvernorat de Nabeul, Anis Khalfaoui, ont publié un communiqué de protestation visant la note de service émise le 6 février par la gouverneure de Nabeul.
Au cœur de la controverse, l’instruction adressée aux chefs de services leur interdisant de recevoir tout membre élu du Parlement ou d’un conseil sans autorisation préalable de la gouverneure.
Une décision jugée contraire à « l’esprit du système de construction par la base »
Dans leur communiqué, les signataires estiment que cette mesure est en contradiction avec les orientations générales de l’État et avec les appels du président de la République à ouvrir les portes de l’administration aux représentants du peuple et à réduire les entraves entre élus et institutions publiques.
Ils considèrent que l’exigence d’une autorisation préalable constitue une entrave au bon fonctionnement du service public et porte atteinte aux prérogatives des conseils élus, notamment en matière de suivi des dossiers de développement et de transmission des préoccupations des citoyens.
Les élus dénoncent également ce qu’ils qualifient d’« exclusion systématique », affirmant que des représentants des conseils seraient écartés de réunions relatives aux affaires régionales, y compris celles portant sur des projets de développement.
Appel à des clarifications officielles
Les signataires ont saisi la présidence de la République, la cheffe du gouvernement, le ministre de l’Intérieur, le président de l’Assemblée des représentants du peuple ainsi que le président du Conseil national des régions et des districts afin de les informer de la situation.
Ils réclament une explication officielle sur les motifs de cette décision et demandent que soit clarifiée son articulation avec les compétences constitutionnelles des conseils élus, notamment dans le cadre de la coordination avec les autorités administratives et exécutives.
Par ailleurs, ils appellent à la tenue d’une réunion d’urgence regroupant l’ensemble des conseils élus du gouvernorat de Nabeul afin d’élaborer une position commune et un plan d’action garantissant, selon eux, le plein exercice de leurs missions.
Les signataires affirment, enfin, leur attachement au respect des institutions de l’État et à l’exercice de leurs fonctions dans le cadre de la loi, tout en réitérant leur droit à accomplir leur rôle « au service de la région et des citoyens ».
M.B.Z











