Le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées a annoncé que le numéro vert 1899, dédié à l’écoute, à l’orientation et à l’accompagnement des femmes victimes de violences, a enregistré 7.397 signalements entre le 1er janvier et le 31 décembre 2025, dont 4.485 relatifs à des violences faites aux femmes.
Ces précisions ont été apportées dans le cadre d’une réponse à une question écrite adressée par la députée Maryem Cherif, portant notamment sur les statistiques relatives aux femmes victimes de violences, en particulier dans le gouvernorat de La Manouba, ainsi que sur l’évaluation de la loi organique n°58 de 2017 relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes. La parlementaire a également interrogé le ministère sur la stratégie adoptée pour réduire ce phénomène et renforcer la prise en charge de cette catégorie vulnérable, selon une publication sur le site officiel du Parlement.
Dans le cadre de l’application des dispositions de la loi n°58 et de la lutte contre les violences faites aux femmes, le ministère a élaboré et mis en œuvre un plan d’action articulé principalement autour d’un plan national de sensibilisation à la violence à l’égard des femmes et des filles, y compris dans l’espace numérique. Ce plan a été décliné en huit programmes sectoriels en coordination avec plusieurs ministères concernés, notamment ceux de l’Éducation, des Affaires religieuses, de la Jeunesse et des Sports, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, des Affaires culturelles, des Technologies de la communication et des Affaires sociales.
Par ailleurs, le ministère a lancé en novembre 2024 le programme national « Prévention et Protection », appelé à se poursuivre tout au long de l’année. Ce programme participatif vise à renforcer la résilience des familles et de la société face aux différentes formes de violence, de vulnérabilité et de désintégration sociale, à travers des actions de terrain.
Le numéro vert 1899 a été renforcé afin d’assurer un service continu 24h/24, garantissant un accompagnement initial sécurisé et confidentiel aux femmes victimes de violences. Ce dispositif propose un ensemble de services intégrés comprenant l’écoute, le soutien psychologique de première ligne, l’orientation juridique et le référencement vers les structures spécialisées.
En parallèle, des centres d’hébergement ont été mis en place pour accueillir les femmes victimes de violences et leurs enfants. Ces structures assurent l’accueil, l’écoute, l’orientation, l’accompagnement et l’hébergement. Le pays compte actuellement 16 centres d’hébergement offrant une capacité totale de 218 lits. Le ministère a également engagé une révision du décret n°582 de 2020 relatif au cahier des charges des centres de prise en charge des femmes et des enfants victimes de violences.
S.F











Commentaire
HatemC
L’écart entre les statistiques officielles et la réalité sociale sur le terrain.
L’article décrit des dispositifs administratifs (numéro vert, centres, programmes), mais il ne dit rien sur la capacité réelle des femmes à y accéder. Or c’est là que se joue la vérité.
Le chiffre de 4 485 signalements : un indicateur… très incomplet
Ce chiffre ne mesure pas la violence réelle.
Il mesure uniquement les femmes qui ont pu appeler.
Pour appeler le 1899, il faut :
– un téléphone
– savoir qu’il existe
– parler librement sans surveillance
– être alphabétisée ou au moins informée
– ne pas dépendre économiquement de l’agresseur
Dans de nombreuses zones rurales tunisiennes, ces conditions ne sont pas réunies.
Donc le chiffre reflète surtout :
– les femmes urbaines
– scolarisées
– connectées
– ayant une certaine autonomie
Ce n’est pas représentatif des régions intérieures.
Le véritable facteur structurel est :
– l’analphabétisme féminin élevé dans certaines régions
– la dépendance économique
– l’enclavement géographique
Une femme :
– sans revenu
– sans transport
– sans accès numérique
– sous contrôle familial
n’appellera jamais un numéro vert, même si elle subit des violences.
16 centres – 218 lits pour tout le pays
C’est extrêmement faible pour :
– plus de 5 millions de femmes
Et surtout :
– la majorité de ces centres sont en zones urbaines
– inaccessibles pour une femme rurale sans transport