Une publication virale affirme que l’Unesco aurait « refusé une demande de l’Algérie » visant à modifier la capitale historique de la Numidie, en la déplaçant de Dougga (Tunisie) vers Constantine (Algérie). L’auteur invoque le texte officiel de l’Unesco consacré au site de Dougga.

Après vérification approfondie du contenu officiel publié par l’Unesco, cette affirmation est trompeuse et infondée.
Après vérification du contenu officiel publié sur la page dédiée au site archéologique de Dougga, aucune trace d’une telle demande n’existe. Le document disponible en ligne se limite à une description historique et patrimoniale du site inscrit au patrimoine mondial en 1997. Il indique que Dougga, ancienne Thugga, existait depuis plusieurs siècles avant l’annexion romaine et qu’elle fut probablement une première capitale du royaume numide. Le texte explique également que la ville a prospéré sous la domination romaine et qu’elle représente aujourd’hui l’un des exemples les mieux conservés d’une cité romano-africaine en Afrique du Nord.
À aucun moment l’Unesco n’évoque un différend entre États modernes, ni une demande de modification historique provenant de l’Algérie. L’organisation n’a pas pour mission d’arbitrer des rivalités mémorielles contemporaines. Son rôle consiste à évaluer et à protéger des sites patrimoniaux sur la base de critères culturels et historiques, et non à statuer sur des débats nationaux relatifs aux capitales antiques.
La confusion provient d’une lecture partielle de l’histoire numide. Le royaume de Numidie a connu plusieurs centres de pouvoir au fil des siècles. La ville antique de Cirta, correspondant à l’actuelle Constantine, fut notamment la capitale politique majeure sous le règne de Massinissa après l’unification du royaume au IIe siècle avant notre ère. Dougga, pour sa part, est considérée par certains chercheurs comme un centre royal numide ancien, antérieur à la domination romaine. L’idée d’une capitale unique et permanente pour toute la durée de la Numidie ne reflète pas la complexité historique du royaume.
La publication virale opère ainsi un glissement narratif. Elle cite fidèlement un passage descriptif de l’Unesco, puis l’insère dans une polémique contemporaine en suggérant qu’il s’agirait d’un refus officiel adressé à l’Algérie. Or aucune procédure, aucune déclaration ni aucun document de l’Unesco ne corroborent cette affirmation.
R.A.












