Un rassemblement de protestation a été observé, mardi 3 mars 2026, par le corps éducatif du Lycée Ibn Abi Dhief à La Manouba, à la suite du limogeage du directeur de l’établissement, une décision jugée « injustifiée » par les protestataires. L’information a été rapportée le même jour par Union générale tunisienne du travail (UGTT) à travers son organe de presse Echaab News.
Une décision contestée et jugée incompréhensible
Selon la publication, l’ensemble des composantes du corps éducatif ont pris part au mouvement : enseignants, personnels administratifs, agents, conseillers en application et autres cadres. Les protestataires ont dénoncé une décision d’exonération prise « de manière incompréhensible » et sans explication claire.
D’après la même source, cette mobilisation fait suite à ce que les protestataires qualifient d’« intervention de parties politiques influentes dans la région », qui aurait précédé la décision de démettre le directeur de ses fonctions. Les participants au rassemblement ont affirmé que le responsable avait, au contraire, réussi durant la période passée à la tête de l’établissement à améliorer les résultats scolaires et les conditions de travail et d’enseignement.
Toujours selon Echaab News, les cadres éducatifs ont souligné que le directeur avait impulsé « une dynamique positive » au sein du lycée, estimant que son départ intervient alors que l’établissement enregistrait des progrès notables sur les plans pédagogique et organisationnel.
Aucune communication officielle des autorités éducatives régionales n’avait été rapportée au moment de la publication de l’article syndical, et les motifs précis du limogeage n’y sont pas détaillés.
Un climat scolaire récemment marqué par une affaire disciplinaire
Ce mouvement intervient dans un contexte marqué par des événements disciplinaires récents au sein du Lycée Ibn Abi Dhief
Lundi 23 février 2026, Mehdi Kammoun, enseignant dans l’établissement et secrétaire général adjoint de la section régionale de La Manouba de la Fédération de l’enseignement secondaire, a détaillé une décision du Conseil de discipline du lycée.
Treize élèves ont été sanctionnés à la suite de l’affichage d’une pancarte comportant un message injurieux à connotation sexiste visant des camarades de sexe féminin, en référence à la Saint-Valentin. Les faits se sont produits lors de la cérémonie marquant le début des épreuves du baccalauréat sport, communément appelée « Dakhla ».
Selon les explications fournies, environ mille élèves étaient rassemblés dans la cour lorsque l’utilisation de fumigènes a provoqué un important dégagement de fumée, réduisant la visibilité et empêchant des surveillants ainsi que des membres de l’administration d’accéder au toit de l’établissement. C’est à ce moment qu’une pancarte contenant un message insultant a été hissée.
Des sanctions graduées conformément au règlement
Le Conseil de discipline a appliqué le règlement en vigueur, notamment le cadre disciplinaire adopté en 1999, en respectant un principe de gradation des sanctions. Six élèves ont été exclus définitivement de l’établissement, tandis que sept autres ont fait l’objet d’exclusions temporaires, pour des durées variables.
Mehdi Kammoun a précisé que les élèves concernés représentent une minorité au regard de l’effectif global du lycée, qui compte environ 2.500 élèves et près de 200 enseignants. Il a également rappelé que l’établissement figure parmi les plus importants du pays en termes d’effectif et qu’il s’est distingué par ses résultats, enregistrant notamment deux premiers rangs nationaux au baccalauréat en 2024.
Concernant les exclusions définitives, il a indiqué qu’elles s’appliquent à l’établissement d’origine, tout en laissant la possibilité aux élèves concernés de déposer une demande exceptionnelle de réaffectation auprès des autorités éducatives régionales afin de poursuivre leur scolarité dans un autre établissement.
L’affaire avait suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, certains internautes estimant les sanctions sévères. Le responsable syndical avait, pour sa part, défendu la nécessité de préserver la discipline, de lutter contre les dérives et de protéger le climat scolaire, tout en appelant à ne pas généraliser l’incident à l’ensemble des élèves.
Dans ce contexte, le rassemblement du mardi 3 mars 2026 témoigne d’un climat tendu au sein du Lycée Ibn Abi Dhief, où la question de la gouvernance et de la stabilité administrative s’ajoute désormais aux défis disciplinaires et structurels déjà évoqués par les représentants du corps enseignant.
I.N.










