Le mouvement Ennahdha a réagi, mercredi 4 mars 2026, à la décision de la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme du tribunal de première instance de Tunis condamnant Habib Ellouze à treize ans de prison et l’ancien procureur de la République près le Tribunal de première instance de Tunis, Béchir Akremi, à vingt-trois ans de prison.
Le parti indique que l’affaire remonte au 2 mars 2023, date à laquelle Habib Ellouze, présenté comme député fondateur et dirigeant du mouvement, avait été placé en détention pour soupçon d’intervention auprès de la justice afin d’obtenir la libération d’une personne poursuivie. Dans cette même affaire, Béchir Akremi avait été mis en cause en raison de sa qualité supposée de magistrat en charge du dossier.
Selon Ennahdha, Béchir Akremi n’était pas le magistrat chargé de cette affaire et aucune intervention de Habib Ellouze en faveur d’un accusé devant une instance judiciaire n’aurait été établie.
Ennahdha dénonce un procès « dépourvu d’indépendance »
Le mouvement affirme que le juge d’instruction initialement chargé du dossier s’était dessaisi de l’affaire, tout en estimant que plusieurs irrégularités auraient entaché la procédure, notamment la délivrance d’un mandat de dépôt et le maintien en détention de Habib Ellouze depuis mars 2023.
Ennahdha considère que la procédure judiciaire s’est déroulée « en violation des garanties d’un procès équitable », affirmant que la condamnation aurait été prononcée sans les plaidoiries de la défense.
Le mouvement dit ainsi condamner des « jugements injustes », qu’il estime issus d’un processus judiciaire dépourvu d’indépendance et utilisé, selon ses termes, pour régler des comptes avec des opposants politiques.
Mise au point sur l’affaire Chokri Belaïd
Alors que des sources judiciaires soutiennent qu’il s’agit de condamnations liées au dossier Belaïd, Ennahdha a également critiqué dans son communiqué certains médias accusés d’avoir, selon lui, présenté à tort ces condamnations comme étant liées au dossier de l’assassinat de Chokri Belaïd.
Le mouvement affirme se réserver le droit d’engager des poursuites judiciaires contre les médias qui, selon lui, auraient relayé cette information sans rectification.
Enfin, Ennahdha rappelle que les décisions judiciaires rendues dans l’affaire de l’assassinat de Chokri Belaïd ont, selon lui, innocenté le mouvement et ses dirigeants, dénonçant des campagnes de désinformation menées contre le parti depuis plus d’une décennie.
M.B.Z










