Figure majeure du droit constitutionnel en Tunisie, le professeur Sadok Belaïd, ancien doyen de la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis, est décédé samedi 7 mars 2026. L’annonce a été faite par ses proches.
L’enterrement aura lieu dimanche 8 mars 2026. Le cortège funèbre partira de son domicile situé à Mornag, rue Essaoussen.
La Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis a, de son côté, déploré la perte de celui qui fut l’un de ses fondateurs et l’un de ses enseignants les plus marquants. Dans son éloge funèbre, l’institution a salué la mémoire d’un universitaire qui a consacré sa vie à l’enseignement, à la recherche et à l’encadrement de générations d’étudiants, tout en contribuant au rayonnement de l’université tunisienne en Tunisie et à l’étranger.
Parcours académique et direction universitaire
Professeur émérite à l’Université de Tunis, Sadok Belaïd a occupé la fonction de doyen de la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis entre 1971 et 1977. Il a ensuite dirigé l’Université libre de Tunis et participé à plusieurs instances scientifiques et académiques.
Spécialiste reconnu du droit constitutionnel et de la théorie de l’État, il a été membre du Conseil tunisien de la recherche scientifique et technologique, de l’Association tunisienne de droit constitutionnel et de l’Académie internationale de droit constitutionnel. Il appartenait également à l’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts.
Son parcours l’a également conduit à exercer comme conseiller juridique auprès de la Ligue arabe et comme membre de la Cour juridique de l’Union du Maghreb arabe. Universitaire à dimension internationale, il a été professeur invité dans plusieurs universités étrangères, notamment aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France et en Italie, ainsi que dans plusieurs pays arabes.
Une voix influente dans le débat public
Au-delà du monde universitaire, Sadok Belaïd s’est distingué par son engagement dans le débat public et dans plusieurs moments importants de la vie politique tunisienne. Après la révolution de 2011, il a été membre de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique.
La même année, il s’était porté candidat aux élections de l’Assemblée nationale constituante dans la circonscription de Ben Arous à la tête d’une liste indépendante. En septembre 2011, il avait également présenté une version révisée d’un avant-projet de Constitution.
Connu pour ses prises de position franches et son indépendance d’esprit, il a longtemps été une voix influente dans les débats politiques et institutionnels du pays.
Un rôle dans le processus constitutionnel de 2022
Le 20 mai 2022, il avait été désigné par le président Kaïs Saïed comme président-coordinateur de la commission consultative chargée d’élaborer un projet de Constitution pour la « nouvelle République ».
Quelques semaines plus tard, il avait toutefois pris ses distances avec le texte finalement présenté au référendum du 25 juillet 2022, affirmant publiquement que la version publiée ne correspondait pas à celle élaborée par la commission et évoquant « des risques et des défaillances considérables ».
Par son parcours académique, son engagement intellectuel et ses prises de position souvent marquantes, Sadok Belaïd restera l’une des références majeures du paysage juridique tunisien. Ses anciens étudiants, ses collègues et la communauté universitaire saluent aujourd’hui la mémoire d’un professeur qui a profondément marqué l’enseignement du droit en Tunisie.
Paix à son âme











Commentaire
zaghouan2040
Allah Yarhmou
Un très grand intellectuel une véritable fierté pour la Tunisie
Symboliquement l’un des plus éminents constitutionnalistes du monde arabe disparaît a l’heure où l’Etat de Droit en Tunisie disparaît lui aussi