Disponibilité des produits, volumes d’approvisionnement et évolution des prix : les marchés de gros restent au cœur du dispositif de régulation alimentaire en Tunisie. Mardi 10 mars 2026, le PDG de la Société tunisienne des marchés de gros (Sotumag), Sofiene Tarmiz, est intervenu au micro de Nabila Abid dans l’émission Yaoum Saïd sur la Radio Nationale. Il a estimé que l’équilibre entre l’offre et la demande permet aujourd’hui de contenir les tensions sur les prix, malgré l’impact de certaines conditions climatiques sur la production.
Un équilibre entre l’offre et la demande
Selon Sofiene Tarmiz, la situation actuelle des marchés de gros se caractérise par un équilibre global entre l’offre et la demande. La Sotumag est parvenue à maintenir une certaine stabilité entre l’approvisionnement et les prix, en particulier durant la période du mois de ramadan, marquée habituellement par une hausse de la consommation.
Il a expliqué que plusieurs intervenants du secteur — agriculteurs, agents de vente et différents acteurs de la chaîne d’approvisionnement — ont coordonné leurs efforts afin d’assurer la disponibilité des produits tout en limitant les pressions sur les prix.
Cette mobilisation s’inscrit, selon lui, dans l’application des orientations des autorités publiques visant à préserver le pouvoir d’achat du consommateur. L’objectif principal demeure de garantir une offre suffisante afin d’éviter les tensions sur les prix.
Une commission de veille et d’anticipation pour encadrer le marché
Pour renforcer ce dispositif, le ministère du Commerce et du Développement des exportations a mis en place une commission de veille et d’anticipation. Cette structure, créée en janvier 2026, regroupe plusieurs directions générales impliquées dans l’organisation du marché, notamment celles chargées de la concurrence, des enquêtes économiques et du commerce intérieur.
D’après Sofiene Tarmiz, cette commission a pour mission principale de surveiller les pratiques susceptibles de perturber le marché, notamment les pratiques spéculatives ou monopolistiques. Elle vise également à anticiper les besoins d’approvisionnement afin de garantir la disponibilité des produits.
Il a précisé que le dispositif fonctionne à l’échelle nationale et non uniquement au niveau du marché de Bir El Kassaa, même si ce dernier constitue un indicateur central pour l’ensemble du pays. Les prix qui y sont pratiqués servent souvent de référence pour les autres régions.
Des produits globalement disponibles
Concernant l’approvisionnement, Sofiene Tarmiz a assuré que la majorité des produits sont actuellement disponibles sur les marchés. Il a affirmé qu’aucun produit n’a réellement disparu du marché cette année, les quantités étant globalement suffisantes pour répondre à la demande.
Il a toutefois reconnu que certaines cultures ont été affectées par les conditions climatiques récentes, notamment les pluies et les épisodes de gel. Ces perturbations ont particulièrement touché des produits comme les petits pois, ce qui a pu entraîner une baisse temporaire de leur disponibilité.
Malgré ces difficultés, le responsable estime que la situation globale reste maîtrisée et comparable à celle observée l’année précédente.
Des prix fixés après concertation
Sofiene Tarmiz a également répondu aux critiques formulées par certains agriculteurs et commerçants concernant le manque de clarté autour des produits soumis à des prix encadrés.
Il a affirmé que le cadre réglementaire est clairement défini par une circulaire du ministère du Commerce datée du 12 février 2026, qui précise les produits concernés par l’encadrement des prix.
Selon lui, ces prix n’ont pas été imposés de manière unilatérale. Ils ont été déterminés à l’issue de réunions réunissant l’ensemble des acteurs du secteur, notamment les agriculteurs, les mandataires et les professionnels du marché.
Il a ajouté que les prix retenus reposent sur les niveaux déjà pratiqués sur le marché avant le mois de ramadan, afin d’assurer un équilibre entre la rentabilité pour les producteurs et l’accessibilité pour les consommateurs.
Des quantités importantes sur le marché
Le responsable de la Sotumag a également présenté un aperçu des volumes enregistrés sur le marché de Bir El Kassaa. Pour la journée du mardi 10 mars 2026, les quantités disponibles incluaient notamment :
- environ 160 tonnes de pommes de terre,
- près de 115 tonnes de tomates,
- environ 83 tonnes de piments forts,
- soixante tonnes de pommes,
- 57 tonnes de fraises,
- trente tonnes d’oranges (variété Thomson).
Ces volumes témoignent, selon lui, d’un niveau d’approvisionnement satisfaisant.
Il a également indiqué que certaines productions agricoles ont été affectées par les conditions météorologiques, notamment les fraises, les agrumes ou certaines cultures précoces. Les vents violents et les pluies ont parfois endommagé les récoltes ou les serres agricoles, ce qui peut influencer ponctuellement les volumes disponibles.
Bir El Kassaa, plateforme clé pour l’approvisionnement national
Sofiene Tarmiz a rappelé que le marché de gros de Bir El Kassaa constitue la principale base commerciale du pays. La majorité des gouvernorats s’y approvisionnent régulièrement, ce qui en fait un centre stratégique pour la distribution des produits agricoles.
Toutefois, il a expliqué que certaines régions productrices préfèrent parfois écouler leurs produits localement afin de garantir la disponibilité dans leur propre zone. Cette situation peut parfois limiter l’acheminement de certaines quantités vers la capitale.
L’importance du volume pour stabiliser les prix
Pour Sofiene Tarmiz, le principal levier de stabilisation des prix reste l’abondance de l’offre. Plus les volumes sont importants, plus les prix ont tendance à se modérer et les pratiques spéculatives à diminuer.
C’est pourquoi la stratégie actuelle repose avant tout sur l’amélioration de l’approvisionnement et la coordination entre les différents acteurs de la filière.
Il estime que le renforcement du dialogue avec les agriculteurs et l’amélioration de l’organisation des marchés permettront de maintenir cet équilibre et de garantir des prix raisonnables pour les consommateurs.
Une vigilance renforcée pendant le ramadan
Enfin, la commission de veille et d’anticipation devrait poursuivre ses travaux tout au long du mois de ramadan. L’objectif est de suivre de près l’évolution du marché et d’intervenir rapidement en cas de dysfonctionnement.
Sofiene Tarmiz a indiqué que cette vigilance s’accompagnera d’une intensification des opérations de contrôle et de sensibilisation auprès des différents intervenants du marché, afin d’assurer le respect des règles et la stabilité des prix.
I.N.










