Heure de Tunis :
Light
Dark

Quotas d’huile d’olive : le lobby italien dicte la politique européenne face à la Tunisie

Article réservé aux abonnés

Service IA, Business News

Écouter cet article

0:00 0:00

Par Raouf Ben Hédi

    Alors que la Tunisie réalise une campagne oléicole exceptionnelle, l’Union européenne refuse de doubler le contingent d’importation à droit de douane zéro. Derrière cette décision, un lobbying actif des organisations agricoles italiennes. Une mauvaise nouvelle pour les exportateurs tunisiens, mais aussi un signal politique qui intervient quelques mois après une crise diplomatique entre Tunis et Bruxelles.

    La Commission européenne a décidé de ne pas accorder de nouvelles concessions commerciales à la Tunisie sur les importations d’huile d’olive. Bruxelles a ainsi rejeté la proposition visant à doubler le contingent d’huile d’olive tunisienne pouvant entrer sur le marché européen à droit de douane zéro.

    Cette position a été confirmée par le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, qui a indiqué que l’exécutif européen ne prévoit pas de concessions commerciales supplémentaires pour ce produit.

    La Tunisie espérait porter ce contingent préférentiel à 100.000 tonnes par an, afin de soutenir ses exportations vers son principal marché.

    Derrière la décision européenne se trouve un lobbying agricole italien particulièrement actif. Plusieurs médias spécialisés italiens ont révélé qu’une campagne d’influence avait été menée auprès de la Commission européenne par deux organisations professionnelles puissantes : Coldiretti et Filiera Italia.

    Dans une lettre adressée à Bruxelles, ces organisations ont demandé explicitement de bloquer la proposition visant à doubler le contingent d’huile d’olive tunisienne importée à droit de douane zéro, estimant qu’une telle mesure fragiliserait les producteurs européens, en particulier italiens. L’information a notamment été rapportée par les médias italiens spécialisés Agricolae et Teatro Naturale, qui suivent de près l’actualité du secteur oléicole.

    Selon ces organisations agricoles, l’augmentation des importations d’huile étrangère exerce déjà une pression importante sur les prix du marché européen. Les arrivées d’huile tunisienne auraient ainsi progressé d’environ 40 % ces dernières années, avec un prix moyen d’environ 3,5 euros le kilo (11,9 dinars), un niveau jugé difficilement soutenable pour la filière italienne.

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés