Face à l’escalade militaire au Liban, accentuée par les frappes israéliennes ciblant notamment le sud du pays et les zones à forte présence du Hezbollah, le ministère tunisien des Affaires étrangères a mis en place un suivi renforcé de la communauté tunisienne résidant dans le pays. Selon le chargé d’affaires de l’ambassade de Tunisie à Beyrouth, Ridha Chhaidiya, la situation sécuritaire demeure préoccupante.
Dans son intervention mercredi 11 mars 2026, dans l’émission Sbeh Ennes sur Mosaïque FM, il a indiqué que le nombre de Tunisiens résidant au Liban était de 1 923 dont environ 230 dans les zones les plus exposées, notamment le sud de Beyrouth, Saïda, Tyr et la région de la Békaa. La majorité de ces ressortissants détiennent la double nationalité tunisienne et libanaise, ou sont mariés à des citoyens libanais, ce qui facilite leur accès aux dispositifs de protection mis en place par les autorités locales, a précisé le diplomate.
Interpellé sur l’évacuation et un éventuel rapatriement des Tunisiens au Liban, il a indiqué que 36 demandes d’évacuation étaient parvenues à la représentation diplomatique tunisienne à ce jour, principalement en provenance des zones les plus ciblées par les frappes, en plus de 35 autres demandes de la part de ressortissants situés dans des zones dites en sécurité.
Ridha Chhaidiya a indiqué que l’ambassade de Tunisie à Beyrouth avait activé une cellule de crise, chargée de suivre quotidiennement la situation des ressortissants, de maintenir un contact permanent avec eux et de coordonner toute intervention urgente. Les lignes de communication sont accessibles 24h/24 via téléphone fixe, mobile, email et WhatsApp, permettant aux Tunisiens au Liban de signaler toute situation critique.
En cas de décision d’évacuation, l’opération sera prise en charge par l’État tunisien, avec la mise à disposition d’un avion dédié, et se fera en coordination étroite avec les autorités libanaises, a-t-il avancé. Les précédentes expériences de 2024 ont permis de mettre au point des protocoles efficaces pour un rapatriement rapide et sécurisé, garantissant la priorité aux populations vulnérables, notamment les étudiants — une dizaine dont trois ont déjà quitté le pays —, et les personnes qui ne disposent pas de logements et sont situés dans les zones ciblées.
Le diplomate a appelé tous les ressortissants tunisiens au Liban à faire preuve de vigilance, à éviter les zones dangereuses et à maintenir un contact constant avec l’ambassade. Il a souligné que la sécurité physique des Tunisiens reste la priorité absolue, et que toutes les mesures nécessaires seraient prises pour assurer leur protection et leur assistance dans ce contexte de crise.
Selon un communiqué du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) publié le 9 mars 2026, plus de 96 000 personnes ont été contraintes d’abandonner leur domicile et se trouvent actuellement hébergées dans plus de 440 centres collectifs.
Les familles fuient avec très peu d’effets personnels, cherchant à se réfugier dans des zones considérées comme plus sûres, notamment dans certaines parties du Mont-Liban, à Beyrouth, dans le nord du pays et dans certaines régions de la plaine de la Békaa.Les récits des déplacés témoignent d’une grande peur et d’une anxiété accrue, amplifiées par les récents ordres d’évacuation sans précédent émis par Israël à l’encontre des habitants libanais.
N.J










