Alors que l’affaire de Saadia Mosbah est toujours en cours, une pétition citoyenne a été lancée pour exiger sa libération immédiate et dénoncer le climat croissant de discours de haine, de racisme et de discrimination au sein des institutions tunisiennes.
La fondatrice de l’association « Mnemty » devrait comparaître jeudi 12 mars 2026, devant le juge du Tribunal de première instance de Tunis, après que la chambre d’accusation a rendu sa décision en acceptant le pourvoi sur la forme mais en le rejetant sur le fond.
Âgée de 65 ans, Saadia Mosbah a été arrêtée le 6 mai 2024. Depuis, elle est privée de liberté dans des conditions qui suscitent de sérieuses inquiétudes sanitaires et humanitaires.
La pétition met en lumière les pressions et les discriminations dont elle fait l’objet en prison, liées notamment à sa couleur de peau et à son engagement civique.
Les signataires de la pétition ont rappelé que ce cas s’inscrivait dans un contexte plus large de normalisation des discours de haine et de racisme institutionnalisé, favorisant les atteintes verbales et morales contre les défenseurs des droits humains, de criminalisation de la solidarité envers les migrants et de stigmatisation des associations œuvrant pour la protection des populations vulnérables, ainsi que des effets humains graves d’une détention prolongée, particulièrement pour les personnes âgées et atteintes de maladies chroniques.
Plusieurs revendications ont été formulées. En premier, la libération immédiate de Saadia Mosbah ou, à défaut, une mise en détention alternative adaptée à son âge et à son état de santé.
La pétition a appelé à la garantie d’un procès équitable, avec respect des droits de la défense et du temps nécessaire aux avocats, ainsi qu’à l’accès à une assistance médicale appropriée et immédiate, avec un suivi indépendant si nécessaire. Elle a réclamé la cessation de toutes formes de harcèlement ou de discrimination en prison et l’ouverture d’une enquête indépendante sur ces allégations, ainsi que la protection de sa famille contre les campagnes de haine et de diffamation, avec mise en cause des responsables selon la loi.
N.J










