La sixième chambre correctionnelle du Tribunal de première instance de Tunis a rendu, jeudi 12 mars 2026, son verdict dans l’affaire impliquant l’ancien député et avocat Seif Eddine Makhlouf, en le condamnant à quatre ans de prison, après avoir réduit la peine initiale de cinq ans d’emprisonnement prononcée à son encontre.
Cette décision intervient après l’opposition formée par l’ancien président du bloc parlementaire de la Coalition Al Karama contre un jugement rendu par contumace, qui l’avait condamné à cinq ans de prison avec exécution immédiate pour des faits qualifiés de complot contre la sûreté intérieure de l’État. La juridiction avait alors rejeté sa demande de remise en liberté et décidé de réexaminer le dossier lors d’une audience tenue en mars.
Des accusations liées à la divulgation d’informations sensibles
Dans ce dossier, la justice reproche notamment à Seif Eddine Makhlouf des faits liés à la divulgation de secrets de la défense nationale. Selon les éléments retenus par l’accusation, il lui est reproché d’avoir transmis des instructions et des informations sensibles relatives au déroulement d’enquêtes judiciaires et de plaidoiries, ainsi que d’avoir attribué, sans éléments probants, des faits graves à des agents de l’État.
Le dossier évoque également des menaces à l’encontre de fonctionnaires publics, ainsi que des agissements considérés comme susceptibles de porter atteinte au moral et à la crédibilité des institutions sécuritaires et judiciaires. Ces faits ont été qualifiés par la justice d’atteinte grave à la sûreté de l’État.
Un parcours judiciaire chargé
Cette affaire s’inscrit dans une série de poursuites visant l’ancien député depuis la levée de son immunité parlementaire.
Seif Eddine Makhlouf avait notamment été condamné à un an de prison par le Tribunal de première instance de Tunis à la suite de l’altercation survenue en 2021 avec la députée Abir Moussi au sein de l’enceinte parlementaire. Il a également écopé de vingt mois d’emprisonnement en appel dans une affaire de menaces adressées, via les réseaux sociaux, au procureur de la République de Sidi Bouzid pour des faits remontant à février 2019.
Par ailleurs, la Cour d’appel militaire l’a condamné à un an de prison assorti d’une interdiction d’exercer la profession d’avocat pendant cinq ans pour atteinte au prestige de la justice militaire.
L’ancien député a été placé en détention le 18 janvier 2026, après son extradition depuis l’Algérie. Il avait été interpellé en juin 2024 à l’aéroport d’Annaba alors qu’il tentait de se rendre à Istanbul puis à Doha. Les autorités algériennes l’avaient poursuivi pour entrée illégale sur le territoire et détention de documents de voyage falsifiés.
M.B.Z












