L’escalade militaire entre l’Iran, Israël et les États-Unis continue de s’intensifier, près de deux semaines après son déclenchement le 28 février. Alors que les frappes se multiplient dans plusieurs pays du Moyen-Orient, les menaces et les déclarations politiques se durcissent, laissant craindre un embrasement régional plus large.
Jeudi, le chef du Conseil de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, a assuré que Téhéran ne céderait pas face aux pressions américaines. Réagissant aux propos du président américain Donald Trump, il a affirmé que l’Iran ferait regretter à Washington sa « grave erreur de calcul ». Selon lui, « s’il est facile de déclencher une guerre, elle ne peut être gagnée avec quelques tweets », rejetant l’idée d’une victoire rapide évoquée par le président américain.
Des frappes massives revendiquées par Washington
Sur le terrain, l’intensité des opérations militaires continue d’augmenter. L’armée américaine a indiqué avoir frappé environ 6000 cibles depuis le début de la guerre contre l’Iran. Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) précise que ces frappes ont notamment visé plus de 90 navires iraniens, dont une trentaine de poseurs de mines, soulignant l’ampleur de l’offensive menée contre les capacités militaires de Téhéran.
De son côté, l’armée israélienne affirme avoir mené de nouvelles opérations directement dans la capitale iranienne. Elle a annoncé avoir bombardé plusieurs postes de contrôle de la milice Bassidj à Téhéran, une force paramilitaire affiliée aux Gardiens de la Révolution. Selon le communiqué militaire, ces unités avaient récemment installé des barrages routiers dans différents quartiers de la ville, ce qui a conduit l’aviation israélienne à cibler leurs positions au cours des dernières 24 heures.
Extension des tensions au Liban et en Irak
La guerre continue également de produire des répercussions dans plusieurs pays de la région. Au Liban, le ministre des Affaires étrangères a annoncé la convocation du chargé d’affaires iranien, après que les Gardiens de la révolution ont revendiqué une attaque menée « conjointement » avec le Hezbollah contre Israël. Beyrouth a dénoncé une « violation manifeste de la souveraineté » du pays et des décisions du gouvernement libanais.
En Irak, une frappe a également visé un site situé près de Bagdad, tuant deux combattants d’un groupe pro-iranien, selon un responsable des Brigades du Hezbollah. La cible se trouvait sur un site partagé entre la police irakienne et des unités du Hachd al-Chaabi, une coalition paramilitaire intégrée aux forces régulières mais qui comprend plusieurs groupes alliés à Téhéran. Si les attaques contre ces groupes se multiplient depuis le début du conflit, c’est la première fois qu’une frappe intervient aussi près de la capitale irakienne.
Les tensions s’invitent jusqu’au football
La guerre commence aussi à produire des effets dans des domaines inattendus. Donald Trump a estimé que la sélection iranienne ne devrait pas participer à la prochaine Coupe du monde, évoquant des préoccupations de sécurité pour les joueurs. L’équipe d’Iran doit disputer ses matchs du groupe G à Los Angeles et à Seattle, avec un camp de base prévu à Tucson, en Arizona.
Le président américain n’a toutefois pas précisé la nature des risques évoqués, alors que les États-Unis abritent une importante diaspora iranienne installée depuis la Révolution islamique de 1979.
R.B.H










