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22 mois de prison : une campagne nationale et internationale pour libérer Mourad Zeghidi

Par Raouf Ben Hédi

La famille et les proches du journaliste Mourad Zeghidi ont annoncé, vendredi 13 mars 2026, le lancement d’une campagne nationale et internationale pour réclamer sa libération. Le journaliste est incarcéré depuis le 11 mai 2024, en raison de ses prises de position et de ses opinions.

Ses soutiens rappellent que Mourad Zeghidi est privé de liberté depuis 22 mois, tandis que ses deux filles sont privées de sa présence et de son soutien. Sa famille et ses proches dénoncent un incarcération injuste et injustifiée, considérant qu’elle constitue une atteinte grave à la liberté d’expression et à la liberté de la presse.

Une mobilisation pour dénoncer une détention injuste

Dans leur communiqué, les initiateurs de la campagne affirment vouloir alerter l’opinion publique nationale et internationale sur la situation du journaliste et mobiliser les organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse.

Ils appellent également les autorités tunisiennes à mettre fin à une détention injuste, tout en insistant sur la nécessité de protéger les journalistes et de garantir leur droit d’exercer librement leur métier.

La campagne devrait s’accompagner, dans les semaines à venir, de plusieurs actions de sensibilisation, de plaidoyer et de solidarité, afin d’élargir le soutien à cette initiative.

Un parcours judiciaire marqué par deux condamnations

Le communiqué revient également sur les décisions judiciaires ayant conduit à l’incarcération du journaliste.

Mourad Zeghidi a été condamné à huit mois de prison le 26 juillet 2024, en vertu du décret-loi 54, à la suite de déclarations faites dans le cadre de son travail journalistique et de l’expression de ses opinions.

À l’issue de cette peine, il n’a toutefois pas été libéré. Il est resté en détention avant d’être à nouveau jugé le 22 janvier 2026, écopant cette fois d’une peine de trois ans et demi de prison pour des accusations de blanchiment d’argent.

Ses proches affirment que ces accusations ont été retenues sans qu’aucune preuve ne soit présentée, malgré plusieurs mois d’enquête.

Aujourd’hui, Mourad Zeghidi et sa famille attendent l’examen en appel de ce jugement, dans l’espoir que son innocence soit reconnue et qu’il soit finalement libéré.

Une affaire qui inquiète pour la liberté de la presse

Les signataires du communiqué mettent également en avant le parcours professionnel du journaliste, décrit comme un professionnel reconnu pour sa rigueur, son sens de l’équilibre et son attachement à une pratique journalistique fondée sur l’analyse, le débat et le respect du pluralisme des opinions.

Son arrestation et le maintien de sa détention ont suscité une vive inquiétude parmi les journalistes, les défenseurs des droits humains et les partisans des libertés fondamentales, soulignent-ils.

Au-delà de son cas individuel, la situation de Mourad Zeghidi est désormais présentée comme le symbole d’un recul préoccupant de la liberté de la presse et de la liberté d’expression en Tunisie.

Les initiateurs de la campagne estiment que l’emprisonnement d’un journaliste pour l’exercice de sa liberté d’expression, pourtant garantie par la Constitution, constitue une atteinte aux principes fondamentaux des sociétés démocratiques, notamment le pluralisme et le droit à l’information.

La famille de Mourad Zeghidi appelle enfin les journalistes, les organisations de défense des libertés, les intellectuels et l’ensemble des citoyens attachés aux droits fondamentaux à rejoindre cette initiative.

« La liberté de la presse est un pilier essentiel de toute société. La liberté de Mourad Zeghidi doit être rétablie », conclut le communiqué.

R.B.H

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