L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté, le 11 mars 2026, une loi renforçant les sanctions pénales contre les relations homosexuelles, portant la peine maximale d’emprisonnement de cinq à dix ans. Le texte a été approuvé à une large majorité, recueillant 135 voix pour, aucune contre et trois abstentions, illustrant un consensus quasi total au sein de l’hémicycle.
Jusqu’à présent, la législation en vigueur au Sénégal prévoyait une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison pour les relations homosexuelles entre adultes consentants. Avec l’adoption de cette réforme, la sanction maximale est désormais doublée, inscrivant le pays dans une dynamique de durcissement des dispositions pénales en la matière.
Objectifs et motivations de la réforme
Selon un communiqué du parlement sénégalais, cette « réforme vise notamment à clarifier la notion d’acte contre nature, à renforcer les sanctions pénales applicables, ainsi qu’à introduire la répression de l’apologie et du financement de telles pratiques, tout en encadrant la dénonciation abusive ».
« Par cette adoption, l’Assemblée nationale entend contribuer au renforcement du cadre juridique et pénal relatif aux infractions contre les mœurs, tout en réaffirmant l’attachement du Sénégal à ses valeurs sociales, culturelles et morales, dans le respect de la souveraineté nationale et de l’ordre public », lit-on dans le même communiqué.
Contexte africain et comparaisons régionales
Cette évolution intervient dans un contexte africain où la question des droits des minorités sexuelles demeure particulièrement sensible. Selon un rapport d’Amnesty International datant de 2024, au total 31 pays africains criminalisent encore les relations sexuelles consenties entre personnes du même sexe.
L’ONG avait également souligné une tendance au durcissement des législations dans plusieurs États du continent. L’exemple le plus marquant reste celui de l’Ouganda, où l’adoption en 2023 de l’Anti-Homosexuality Act a considérablement renforcé la répression de l’homosexualité, avec des dispositions particulièrement sévères qui ont suscité de vives critiques de la part d’organisations internationales de défense des droits humains.
Au Kenya, un projet baptisé Family Protection Bill a également suscité des préoccupations. Ce texte prévoit notamment l’interdiction des relations homosexuelles consenties et du mariage entre personnes de même sexe, ainsi que des restrictions concernant certaines activités associées.
L’adoption de la nouvelle loi sénégalaise s’inscrit ainsi dans un paysage juridique africain profondément hétérogène, où la question de l’homosexualité reste largement encadrée par des dispositions pénales dans de nombreux États.
Dans certains pays, les sanctions peuvent aller jusqu’à la réclusion à perpétuité, voire la peine de mort — notamment dans les pays appliquant la charia islamique, tels que la Mauritanie — tandis que d’autres maintiennent des peines de quelques années de prison, à savoir la Tunisie, le Maroc, l’Égypte, le Togo ou encore le Cameroun, où les sanctions vont de trois à cinq ans de prison.
N.J











Commentaire
Rationnel
Le Sénégal connaît aujourd’hui un nouvel élan sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye, jeune chef d’État de 44 ans qui incarne un modèle de gouvernance tournée vers la souveraineté économique, la justice sociale et la lutte contre la corruption. Il met en avant la renégociation des contrats pétroliers, gaziers et miniers, une meilleure mobilisation des ressources internes et une planification de long terme pour l’éducation, l’agriculture et l’électrification, afin que la croissance profite réellement aux jeunes et aux zones rurales. Dans ce contexte, l’héritage soufi du pays, avec ses confréries fortement implantées, sa culture de dialogue, de modération et de service à la communauté, joue un rôle discret mais décisif en favorisant la stabilité sociale, la confiance et la recherche du bien commun plutôt que de la confrontation. Cette articulation entre réformes audacieuses, État de droit renforcé et éthique soufie faite de patience, de solidarité et de spiritualité fait du Sénégal un exemple inspirant pour de nombreux pays africains et musulmans en quête d’un développement à la fois moderne et enraciné dans leurs valeurs.
Les Sufi structurent profondément la société sénégalaise : environ 97% de la population est musulmane, et environ 95% des musulmans appartiennent à une confrérie soufie (surtout tijane: 51% de la population et mouride: 34%), ce qui fait du Sénégal un des pays les plus confrériques du monde musulman. Les waqf (biens de mainmorte / habous) sont non seulement légaux mais encadrés par une loi spécifique : la loi n° 2015‑11, inspirée du Code marocain des habous, qui définit le waqf et crée une Haute Autorité du Waqf chargée de superviser ces fondations pieuses à l’échelle nationale. Cette institutionnalisation des waqf permet d’en faire un outil moderne de financement de l’éducation, de la santé et des services sociaux, dans la continuité de la tradition islamique.
Le Sénégal est un exemple a suivre.