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Monkidh : découvrez comment cette plateforme mobilise les citoyens face aux urgences cardiaques

Par Imen Nouira

Chaque seconde compte lorsqu’un cœur s’arrête. En Tunisie, une nouvelle plateforme digitale, « Monkidh » — qui signifie « sauveteur » en arabe — permet désormais aux citoyens sensibilisés aux gestes de premiers secours d’être alertés en temps réel et d’intervenir avant l’arrivée des secours.

Lundi 16 mars 2026, lors d’une interview téléphonique au micro de Jihene Miled dans l’émission Romdhan Ennes sur Mosaïque FM, le professeur Youssef Ben Ameur, président de la Société tunisienne de cardiologie et de chirurgie cardio-vasculaire, est revenu sur cette initiative innovante annoncée par le ministère de la Santé le 10 mars.

Chaque seconde compte : réagir avant les secours

Selon le professeur Ben Ameur, la première réaction face à un arrêt cardiaque est souvent la panique : « Nous, citoyens tunisiens, ne savons pas toujours quoi faire lorsqu’un arrêt cardiaque survient, que ce soit sur la route, au travail ou à la maison. Les secondes initiales, parfois même les minutes, sont déterminantes avant l’arrivée des secours. »

C’est précisément ce constat qui a conduit à la création de « Monkidh ». Cette plateforme ne forme pas directement les citoyens, mais alerte en temps réel ceux qui sont inscrits sur Monkidh et se trouvent à proximité immédiate d’une personne victime d’un arrêt cardiaque, afin qu’ils puissent intervenir immédiatement et prodiguer les gestes vitaux avant l’arrivée des secours professionnels.

Monkidh : connecter les citoyens aux victimes

Le professeur Ben Ameur explique : « L’idée de Monkidh n’est pas seulement de former, mais de connecter. La plateforme met en relation ceux qui sont prêts à intervenir avec les personnes en détresse cardiaque, de façon instantanée. Chaque citoyen peut ainsi devenir le maillon essentiel dans la chaîne de vie. »

La plateforme est actuellement en phase de création par des ingénieurs tunisiens, principalement issus du ministère de la Santé. L’application permettra de géo-localiser les volontaires inscrits et de les connecter au Samu (Service d’Aide Médicale Urgente), qui disposera d’une cartographie des sauveteurs pour les joindre rapidement en cas de besoin. Lorsqu’un incident survient, le volontaire le plus proche reçoit une notification sur son smartphone pour se rendre immédiatement sur les lieux. L’application est gratuite et l’accès volontaire, et comprendra également des modules d’information sur les gestes de premiers secours afin de rappeler les bases essentielles.

Golden hour et golden second : l’urgence absolue

Le professeur Ben Ameur a fait un parallèle pédagogique entre deux concepts : « Pour une crise cardiaque classique, nous parlons de la “golden hour” ou heure d’or, pendant laquelle chaque intervention médicale augmente les chances de survie. Pour un arrêt cardiaque soudain, chaque seconde compte encore plus : c’est la “golden second”. L’intervention du citoyen doit être instantanée pour débuter le massage cardiaque ou utiliser un défibrillateur automatisé externe (DAE). »

Cette distinction souligne l’importance cruciale de la réactivité et du rôle des citoyens alertés par la plateforme. « Même quelques secondes gagnées avant l’arrivée des secours spécialisés peuvent faire la différence entre la vie et la mort », ajoute-t-il.

Sensibilisation et citoyenneté : être prêt à intervenir

Même si la plateforme ne forme pas directement, elle s’inscrit dans un programme plus large de sensibilisation et de prévention. Le professeur Ben Ameur précise : « En connectant les citoyens aux urgences, nous créons une chaîne de vie efficace. Chaque personne sensibilisée est un acteur potentiel qui peut faire la différence. »

Des campagnes de sensibilisation et des sessions pratiques sont organisées régulièrement pour que les citoyens connaissent les gestes essentiels et sachent comment utiliser l’application en situation réelle. « Nous proposons des ateliers pour rappeler les gestes essentiels, comment utiliser un DAE, et comment intervenir sans attendre l’arrivée des secours », indique-t-il.

Une approche citoyenne et préventive

L’initiative vise également à renforcer la culture de la réactivité citoyenne. « Il ne s’agit pas seulement de disposer d’une application, mais de savoir comment agir de façon sécurisée et efficace. Chaque citoyen alerté devient un maillon de la chaîne de vie », souligne le professeur Ben Ameur.

Il insiste sur l’importance d’une couverture nationale : « Nous voulons que ces alertes puissent toucher toutes les régions de la République tunisienne, pour que personne ne soit laissé sans intervention immédiate. »

Sauver une vie, un geste à la fois

« Monkidh » représente un pas de plus vers la sécurité sanitaire en Tunisie. « Le citoyen alerté peut intervenir immédiatement, ce qui augmente considérablement les chances de survie avant même l’arrivée des équipes spécialisées. Chaque geste compte, chaque seconde est précieuse », conclut le professeur Ben Ameur.

Avec cette initiative, la Tunisie se dote d’un outil unique combinant technologie, citoyenneté et prévention, plaçant les citoyens sensibilisés au cœur de la réponse aux urgences cardiaques.

I.N.

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