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Liberté de la presse sous tension : qui agresse les journalistes en Tunisie ?

Par Nadya Jennene

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a publié, mardi 17 mars 2026, son rapport mensuel sur les agressions ciblant les professionnels des médias. S’il fait état d’un ralentissement relatif du phénomène au cours du mois de février, le constat reste préoccupant.

Selon les chiffres communiqués, huit incidents ont été recensés contre des journalistes et des photographes, contre seize en janvier dernier. Une baisse notable, mais qui ne saurait masquer la persistance d’un climat hostile à l’exercice du métier.

Une baisse trompeuse des agressions

Ces agressions, documentées à travers le suivi téléphonique, l’observation des réseaux sociaux, les signalements directs des journalistes et l’examen des plaintes adressées au syndicat, ont touché un total de 26 victimes : 19 hommes et neuf femmes.

Les personnes ciblées appartiennent à quinze institutions médiatiques, réparties entre huit chaînes de télévision, quatre sites web, deux radios, une agence de presse et quatre journalistes indépendants. Au total, neuf médias tunisiens et six médias étrangers sont concernés.

Parmi les atteintes recensées figurent trois cas d’empêchement d’exercer, trois cas de harcèlement, une intervention dans une rédaction ainsi qu’un suivi judiciaire.

Une seule agression a été enregistrée dans l’espace numérique, tandis que la majorité des incidents se concentre dans la région du Grand Tunis (six cas), suivie des gouvernorats de Béja et Sidi Bouzid (un cas chacun).

Forces de l’ordre en tête, réformes toujours en attente

Le rapport du SNJT pointe les forces de l’ordre comme principaux responsables, impliquées dans trois incidents. Elles sont suivies par des fonctionnaires publics (deux cas), tandis que des administrations de médias, des chargés de communication et certains militants sur les réseaux sociaux sont également mis en cause, à raison d’un incident chacun.

Face à cette situation, le syndicat a formulé une série de recommandations pressantes.

À la présidence du gouvernement, il demande notamment de revoir le système de délivrance des autorisations de prise de vue dans les établissements publics lors des manifestations, de débloquer la question des accréditations pour les médias internationaux et d’encourager le retrait des plaintes visant des journalistes.

Le SNJT appelle également le ministère de la Culture à instaurer une coordination plus transparente et équitable lors des manifestations culturelles.

Concernant le ministère de l’Intérieur, il plaide pour l’activation d’une cellule de crise dédiée à la protection des journalistes, tout en rappelant à ses agents que la prise de vue dans l’espace public est un droit, à l’exception des tribunaux et des installations militaires.

Enfin, le Parlement est invité à relancer l’examen du projet de révision du décret 54 relatif aux infractions des systèmes d’information et de communication, à renforcer les garanties liées à la liberté d’opinion des journalistes et à accélérer la mise en place d’un programme d’éducation aux médias.

N.J

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