La coopération militaire entre la Tunisie et la République arabe d’Égypte connaît une nouvelle impulsion, à la faveur d’un entretien téléphonique tenu mardi 17 mars 2026 entre le ministre de la Défense nationale, Khaled Shili, et son homologue égyptien, Achraf Salem Zaher, commandant en chef des forces armées et ministre de la Défense et de la Production militaire.
Cet échange intervient dans un contexte régional particulièrement tendu, marqué par une escalade militaire entre les États-Unis, Israël et l’Iran, et par des craintes croissantes d’un embrasement à plus grande échelle au Moyen-Orient.
Une coopération militaire appelée à monter en puissance
Un simple appel téléphonique, mais un message politique clair. Mardi 17 mars 2026, Khaled Shili s’est entretenu avec son homologue égyptien Achraf Salem Zaher. Au-delà de l’échange protocolaire, les deux responsables ont affiché une volonté assumée d’accélérer le rapprochement militaire entre Tunis et Le Caire.
Au cœur des discussions : comment passer à la vitesse supérieure. Les deux ministres ont évoqué le renforcement concret de la coopération bilatérale, dans le sillage de la 18e session de la commission militaire mixte tenue en février au Caire. Objectif affiché : sortir du cadre formel pour entrer dans une logique opérationnelle.
Khaled Shili a insisté sur la nécessité de transformer les engagements en actions tangibles : multiplication des visites, intensification des échanges d’expertise, développement de l’industrie militaire et montée en puissance des capacités opérationnelles. Autrement dit, passer du discours à l’exécution.
Signal fort de cette inflexion : la décision d’élever la supervision des travaux de la commission conjointe au niveau ministériel. Une manière de donner un poids politique supplémentaire à ce partenariat, que Tunis et Le Caire veulent désormais structurer et inscrire dans la durée.
Côté égyptien, le ton est à l’alignement. Achraf Salem Zaher a salué la solidité des relations bilatérales et réaffirmé la disponibilité du Caire à élargir encore les champs de coopération militaire.
En creux, cet échange traduit une réalité plus large : face à une région de plus en plus instable, la coopération militaire n’est plus un simple axe diplomatique, mais un levier stratégique assumé.
Une dynamique inscrite dans une recomposition régionale
Ce rapprochement militaire s’inscrit dans une séquence diplomatique plus large menée par Le Caire. Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a entamé, dimanche 15 mars 2026, une tournée dans les pays du Golfe, avec une première étape à Doha, au Qatar.
Selon un communiqué du ministère égyptien des Affaires étrangères, cette mission, confiée par le président Abdel Fattah al-Sissi, vise à coordonner les positions arabes face aux développements rapides dans la région et à évaluer les répercussions du conflit en cours.
À Doha, plusieurs réunions de haut niveau sont prévues autour de la situation sécuritaire et des moyens de favoriser une désescalade, en privilégiant les canaux diplomatiques.
Avant son déplacement, Badr Abdelatty s’est entretenu avec son homologue jordanien Ayman Safadi. Les deux responsables ont souligné la nécessité de renforcer la concertation arabe face aux risques de déstabilisation, alors que plusieurs capitales suivent avec inquiétude l’évolution de la crise, notamment après les attaques iraniennes par missiles et drones.
Au-delà de la gestion immédiate des tensions, Le Caire semble également relancer une réflexion sur l’architecture sécuritaire régionale. Le chef de la diplomatie égyptienne a ainsi évoqué la possibilité de réactiver les mécanismes d’action arabe commune, y compris à travers la création d’une force militaire conjointe, inspirée d’une alliance de type OTAN.
Un projet ancien remis à l’agenda
L’idée d’une force arabe commune n’est pas nouvelle. Elle avait déjà été avancée en 2015 au sein de la Ligue arabe, à l’initiative de l’Égypte, sans déboucher sur une mise en œuvre concrète en raison de divergences entre États.
Son retour dans le discours officiel du Caire reflète aujourd’hui les inquiétudes face à l’évolution rapide de la situation régionale et la crainte d’un conflit élargi.
Dans ce contexte, le renforcement de la coopération militaire entre la Tunisie et l’Égypte apparaît comme une déclinaison de cette dynamique de coordination régionale, dans un environnement stratégique de plus en plus incertain.
M.B.Z











Commentaire
HatemC
On ne crée pas une « OTAN arabe » avec un simple appel téléphonique alors que la quasi-totalité des équipements, des systèmes de guidage et des renseignements satellites proviennent de puissances extérieures (États-Unis, Russie, Europe).
Le contraste entre le ton solennel de l’article et la réalité géopolitique du monde arabe est frappant.
En diplomatie, ce genre de communication sert souvent à occuper l’espace médiatique pour montrer que le régime « agit » face à une crise (ici, l’escalade Iran/Israël/USA).
Dans des régimes non démocratiques, l’armée est le socle du pouvoir national. Aucun de ces régimes ne confiera le bouton de commande de ses troupes à un voisin par crainte d’un coup d’État ou d’une perte de contrôle interne.
Une Une telle force zarabe serait paralysée dès la première prise de décision.
Si l’Arabie Saoudite veut frapper et que le Qatar s’y oppose, qui la force « OTAN arabe » écoute-t-elle
L’article mentionne une force inspirée de l’OTAN.
Or, l’OTAN repose sur deux piliers qui font défaut ici :
– Des valeurs/systèmes politiques homogènes … (Démocraties libérales, même imparfaites).
– Un leader incontesté … Les États-Unis fournissent le parapluie nucléaire et logistique.
Dans le monde arabe, il n’y a ni consensus politique, ni leader unique accepté par tous (rivalités entre Le Caire, Riyad, Abou Dhabi et Alger).
Face au sentiment d’impuissance des populations arabes devant les conflits régionaux, les gouvernements réactivent le vieux rêve de l’unité militaire pour masquer leur incapacité à peser sur le cours des événements. C’est une coopération de « papier » …. Un fantasme
Pour les médias d’État ou les agences de presse officielles, ces communiqués sont du pain béni : ils permettent de meubler le vide politique avec des concepts héroïques comme « la force arabe commune » ou « l’Alliance de type OTAN ».
De plus l’article parle de « montée en puissance des capacités ».
En réalité :
– L’Égypte dépend des surplus militaires américains.
– La Tunisie a une armée de défense territoriale, pas de projection.
Ils n’ont même pas de systèmes de communication cryptés compatibles …
Cessez vos fantasmes et cessez de flatter la rue avec des forces arabes qui ne verront JAMAIS le jour …
Ibn Khaldoun – le père de la sociologie et de l’histoire moderne – se retourne dans sa tombe
N’a t-il pas dit
« Les Arabes se sont mis d’accord pour ne jamais s’accorder. »
Le penseur Jameleddine al-Afghani en résuma l’essence en ces termes :
« Le plus grand mal des Arabes est celui de leur division … ils s’unissent pour diverger et divergent pour s’unir, ils se sont accordés à ne jamais s’accorder. » … Circulez y a rien à voir …. HC