Alors que la confrontation militaire entre les États-Unis et l’Iran entre dans son dix-neuvième jour, les objectifs des belligérants demeurent, à ce stade, indistincts et évolutifs, estime l’ancien ministre des Affaires étrangères Ahmed Ounaies. Intervenant dans la matinale de Jawhara FM mercredi 18 mars 2026, il a livré sa lecture d’un conflit dont les contours stratégiques restent encore profondément incertains.
Selon lui, aucune des parties n’a, jusqu’à présent, atteint les objectifs escomptés, tandis que les échanges militaires se poursuivent dans un climat de confusion croissante. L’ancien diplomate souligne également l’existence de tensions et de contradictions au sein même du camp occidental, notamment entre les alliés de l’OTAN, ce qui complexifie davantage la lecture de cette guerre.
Au-delà du face-à-face entre Washington et Téhéran, le conflit s’inscrit dans une dynamique régionale élargie. L’ancien chef de la diplomatie tunisienne évoque ainsi une confrontation à fronts multiples, impliquant notamment le Liban et certaines instances internationales, dans un contexte où les opérations humanitaires conduites par les Nations unies se heurtent à des entraves sur le terrain.
Sur le plan militaire, le déséquilibre des forces apparaît manifeste. L’Iran, privé d’un soutien direct et engagé face à la première puissance mondiale, se trouve, selon lui, dans une position particulièrement vulnérable. Le déploiement massif de forces américaines dans la région renforce cette asymétrie, laissant présager, à court terme, une issue militaire défavorable à Téhéran. Toutefois, Ahmed Ounaies nuance cette lecture en évoquant une possible dissociation entre victoire militaire et victoire politique.
Évoquant les précédents irakien et afghan, il estime que les conflits asymétriques peuvent déboucher, à long terme, sur un renversement des équilibres politiques en faveur de la partie initialement affaiblie. Dans cette perspective, une victoire politique de l’Iran ne saurait être exclue, bien qu’elle demeure tributaire de la formation d’alliances internationales plus structurées, encore inexistantes à ce stade.
L’ancien ministre relève par ailleurs que, si des puissances comme la Russie et la Chine affichent un soutien diplomatique à l’Iran, celui-ci ne s’est pas encore traduit par un engagement militaire direct. De leur côté, plusieurs pays de la région, notamment dans le Golfe, semblent davantage préoccupés par la protection de leur intégrité territoriale face aux répercussions du conflit.
Ahmed Ounaies estime que le recours à la protection américaine, longtemps perçu comme un facteur de stabilité pour les monarchies du Golfe, pourrait paradoxalement contribuer à exposer davantage ces États aux retombées de la guerre.
En termes d’implications stratégiques de cette confrontation sur la question nucléaire, l’anche ministre avance que cette dynamique pourrait, à terme, renforcer la détermination de Téhéran à se doter de l’arme nucléaire, rappelant le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord international sur le programme nucléaire iranien.
S’agissant de l’évolution du conflit, il prévoit une prolongation des hostilités pour au moins trois semaines, notamment en raison de la détermination du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou à poursuivre les opérations militaires. Il n’exclut pas, par ailleurs, une extension du théâtre des opérations à d’autres zones de tension, notamment vers le Yémen, dans le cadre d’une stratégie visant à redessiner les équilibres régionaux.
N.J










