Le député Mohamed Ali Fennira, rapporteur de la Commission de l’industrie et de l’énergie à l’Assemblée des représentants du peuple, a appelé à accorder la priorité aux investisseurs tunisiens ainsi qu’à la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) dans l’attribution des concessions liées aux projets d’énergies renouvelables.
Intervenant mercredi 18 mars 2026 sur la Radio nationale, le député a insisté sur la nécessité de renforcer la souveraineté énergétique du pays à travers une implication accrue des acteurs nationaux dans les projets stratégiques.
Une priorité nationale affirmée
Mohamed Ali Fennira a clairement indiqué que la Commission de l’industrie et de l’énergie plaide pour que les investissements dans les énergies renouvelables soient, en priorité, portés par des opérateurs tunisiens.
Il a souligné que cette orientation vise à garantir une meilleure maîtrise nationale du secteur énergétique, considéré comme un levier stratégique pour l’économie.
Dans ce cadre, il a également évoqué le rôle central que pourrait jouer la Steg, en tant qu’entreprise publique, dans la réalisation de ces investissements.
Des limites financières qui ouvrent la porte à l’étranger
Toutefois, le député a reconnu que cette priorité se heurte à des contraintes de financement.
Il a expliqué que certains projets, notamment dans le photovoltaïque, nécessitent des investissements pouvant atteindre plusieurs centaines de millions, voire plus d’un milliard de dinars.
À titre d’exemple, un projet de 600 mégawatts pourrait représenter un coût d’environ 1,6 milliard de dinars, un montant difficilement mobilisable dans le contexte actuel, que ce soit pour la Steg ou pour des investisseurs privés tunisiens.
Dans ces conditions, Mohamed Ali Fennira estime que le recours à des investisseurs étrangers pourrait s’imposer, en dernier ressort, afin d’éviter le blocage des projets.
Des auditions prévues pour clarifier la stratégie
Le député a indiqué que la Commission de l’industrie et de l’énergie compte organiser, après l’Aïd, une série d’auditions avec les différentes parties prenantes, notamment l’Utica, la Conect et des experts du secteur.
L’objectif est de déterminer si des investisseurs tunisiens sont en mesure de se positionner sur ces projets, individuellement ou dans le cadre de consortiums.
Il a insisté sur la nécessité d’explorer toutes les options permettant de privilégier un ancrage national des investissements, tout en assurant la réalisation effective des projets.
L’enjeu des concessions et du foncier
Mohamed Ali Fennira a également évoqué le modèle des concessions, précisant que l’État met à disposition des terrains publics, loués pour une durée pouvant atteindre trente ans, afin d’y développer des projets d’énergie renouvelable.
Dans ce cadre, il a jugé « tout à fait légitime » que ces opportunités soient prioritairement offertes à des opérateurs tunisiens, plutôt qu’à des investisseurs étrangers.
Entre souveraineté et pragmatisme
En définitive, le député défend une ligne équilibrée : privilégier les investissements nationaux dans un secteur stratégique, tout en restant pragmatique face aux contraintes financières.
« La priorité doit être tunisienne, qu’il s’agisse d’investisseurs privés ou de la Steg », a-t-il martelé, tout en reconnaissant que l’ouverture aux capitaux étrangers demeure une option si les capacités locales s’avèrent insuffisantes.
Cette position reflète les tensions actuelles entre souveraineté économique et nécessité d’accélérer la transition énergétique dans un contexte de pressions budgétaires et de défis internationaux croissants.
M.B.Z











Commentaire
Rationnel
Bravo, Mr. Fennira est l’un des meilleurs députés. Les projets d’énergies renouvelables sont octroyés exclusivement à des sociétés étrangères ce qui va créer des problèmes, des secteurs stratégiques contrôlées par des sociétés étrangères. Ces sociétés réalisent des retour sur investissement (ROI) de 70% ou plus, pourquoi est ce que les tunisiens hésitent à participer dans ce secteur?
Les sociétés étrangères sont soumises a des conditions moins onéreuses que celles imposées aux sociétés locales (pas d’exigence de détenir 50% du capital du projet, les banques internationales n’offrent pas d’aide aux sociétés locales mais financent les projets des sociétés étrangères). Pourquoi?