Intervenant dans la matinale de Jawhara FM, jeudi 19 mars 2026, Youssef Jellali, président de la section régionale de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) de Sidi Bouzid, est revenu en détail sur l’incendie qui a récemment ravagé une partie du marché local, mettant en lumière à la fois l’ampleur des dégâts et les défaillances structurelles du site.
Selon lui, le sinistre s’est déclaré au cœur de « souk Lakoues », un vaste espace commercial de plus d’un hectare, construit en 2014 avec le soutien de l’Organisation internationale du travail et de l’Union européenne, puis complété ultérieurement par la municipalité de Sidi Bouzid. Conçu selon une architecture d’inspiration arabo-islamique, ce marché structuré comprend plusieurs ailes spécialisées, des commerces variés, ainsi que des cafés et restaurants.
Toutefois, l’incendie s’est principalement déclaré dans la zone de friperie, un espace largement envahi par des installations anarchiques. Youssef Jellali a dénoncé une occupation désordonnée des lieux, marquée par une prolifération d’étals improvisés et un encombrement extrême, entravant toute circulation fluide. « Il est parfois impossible de se frayer un passage entre les étals », a-t-il déploré.
Le feu, attisé par l’accumulation de marchandises inflammables, s’est rapidement propagé aux commerces voisins, atteignant même certaines arcades du marché. Bien que les pertes humaines aient été évitées, les dégâts matériels sont jugés « très importants ». Les images des flammes, largement relayées sur les réseaux sociaux, ont suscité l’effroi, tant leur intensité évoquait, selon lui, des scènes de catastrophe majeures.
Concernant les causes probables du sinistre, il a avancé une imprudence humaine, possiblement un mégot de cigarette mal éteint, dans un contexte de forte affluence en cette période de Ramadan.
Au-delà de l’événement, Youssef Jellali a alerté sur une situation structurelle préoccupante, où l’absence d’organisation, conjuguée à des pratiques informelles et à une activité commerciale non régulée, continue de faire peser de graves risques sur les commerçants comme sur les usagers.
N.J











Commentaire
HatemC
L’État n’arrive pas à faire appliquer ses propres règles là où l’économie informelle domine … L’État tolère ces installations car elles font vivre des milliers de personnes. Interdire brutalement = explosion sociale…; La friperie et l’informel ne sont pas marginaux en Tunisie, ils sont devenus structurels.
D’abord, ce qui s’est passé à Sidi Bouzid n’est malheureusement pas un cas isolé : les marchés informels (friperie, étals improvisés) concentrent plusieurs risques connus :
– occupation non régulée de l’espace public
– absence de normes de sécurité (électricité, inflammables, accès pompiers)
– densité extrême = propagation rapide du feu
– difficulté d’intervention des secours