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Thabet El Abed alerte contre la criminalisation de l’action civile et dénonce un climat inquiétant

Par Nadya Jennene

Dans un message publié le 17 mars 2026 sur sa page Facebook, le député et président de la Commission des droits et libertés au Parlement, Thabet El Abed, a exprimé une vive inquiétude face à ce qu’il qualifie de dérives préoccupantes touchant à la fois l’action associative et les libertés fondamentales en Tunisie.

Évoquant les affaires de Saadia Mosbah et de Salwa Ghrissa, le parlementaire a affirmé que ces dossiers « ne sont nullement isolés », mais traduisaient au contraire un climat général marqué par la montée des discours de haine et de racisme, conjuguée à une intensification des poursuites visant les acteurs de la société civile.

L’activiste Saadia Mosbah comparaît jeudi 19 mars 2026 pour la quatrième fois devant le tribunal de première instance de Tunis. Son arrestation remonte au 7 mai 2024, dans un contexte marqué par une réunion du Conseil de sécurité nationale et une vague de campagnes en ligne à caractère raciste et trompeur. 

L’universitaire et directrice exécutive de l’association « Tafael pour le droit à la différence », Salwa Ghrissa, comparaîtra, elle, pour la deuxième fois devant la justice dans le cadre d’une enquête ouverte après des campagnes de diffamation et d’incitation à son encontre, ainsi que contre son organisation. Arrêtée le 10 décembre 2024, elle fait l’objet d’un traitement similaire, mêlant harcèlement numérique et poursuites judiciaires à caractère politique.

Sur un ton empreint de gravité, Thabet El Abed a mis en garde contre une dérive où l’engagement humanitaire et militant tend à être assimilé à une infraction. Il a déploré notamment que « la diffamation précède parfois la justice » et que le recours à la détention provisoire puisse porter atteinte à des principes fondamentaux, tels que la présomption d’innocence et le respect du principe de proportionnalité.

Face à ce qu’il considère comme des « signaux sérieux de dysfonctionnement », le député a appelé à un sursaut collectif fondé non sur des clivages, mais sur un attachement rigoureux à l’État de droit. Il a insisté ainsi sur la nécessité de garantir les droits de la défense, de limiter le recours à la détention préventive, d’assurer la dignité des personnes détenues et de prévenir toute forme de discrimination.

Plus largement, il a plaidé pour la protection de la liberté d’association et du travail civil contre toute instrumentalisation susceptible d’en vider le sens. « Défendre ces principes, écrit-il, c’est défendre chacun de nous, et préserver une Tunisie qui ne criminalise pas la solidarité ni ne banalise la haine. »

Thabet El Abed a également réitéré son appel à la libération de Saadia Mosbah et à l’équité pour Salwa Ghrissa, tout en réaffirmant son attachement à une Tunisie fondée sur la primauté du droit et l’égalité entre tous les citoyens.

N.J

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